VIP, les extraits!


«Le représentant local des Espérantistes que nous recherchions était en fait un officier supérieur de l’armée! Seulement, lui n’était pas là mais à une réunion à Pékin. Nous sommes repartis et le soir, à l’hôtel, nous avons reçu la visite de la section locale de l’esperanto qui nous a ensuite accompagné dans nos visites d’une manière absolument extraordinaire. Comme quoi, l’incompréhension d’une langue conduit à des contacts tout à fait amusants.»

Gérald Béroud, sinophile


«En 1987, alors que je vivais à Canton depuis quelques mois, je connus ma première mousson: un ciel gris si bas qu’on pouvait le toucher du doigt, un déluge continu, de l’eau jusqu’au genou. Allait-on se noyer pris dans l’étau des nuages et des inondations? Le moral plongeait. Les distractions manquaient. Nous surnagions, enfemés dans nos appartements.»

Nathalie Brochard, conceptrice-rédactrice


«Un vice-ministre nous avait reçu au grand hôtel de Pékin. Nous étions une délégation de 20 personnes. Il a pris une bouteille d’alcool, et a fait une tournée. Il a bu un verre avec chacun d’entre nous. Vous vous rendez compte!? C’est commme ça qu’on progresse dans le parti, paraît-il.»

Charles Kleiber, ancien secrétaire d'Etat


«C’est chez moi. J’ai deux patries: la Suisse et la Chine. Je connais le pays depuis 1979 et j’y viens huit fois par an. Je suis très impressionné par les changements qui ont cours dans ce pays. Personne ne pouvait prévoir une ampleur pareille.»

Uli Sigg, collectionneur


«J'ai failli rebrousser chemin»

Jean-Claude Biver, CEO Hublot / photo DR
Jean-Claude Biver, CEO Hublot / photo DR

> Le site de Hublot

Mon expérience avec la Chine a été à la fois professionnelle et privée.

Professionnelle lorsque je m'y suis rendu avec Omega pour le lancement de la nouvelle collection développée par Cindy Crawford. Ce fut la découverte d'un monde totalement ouvert et à l'écoute de toutes les tendances de la mode la plus avancée!


Privée lorsque j'y ai amené mon fils Loïc après avoir l’avoir convaincu d'aller à l'Université Populaire de Beijing pour y suivre 6 heures de cours quotidiens de chinois, et ce pendant 2 ans. Nous avons atterri à Pékin en début d'après-midi et, après une heure de taxi, avons découvert un campus, ou plutôt une ville universitaire de 20 000 étudiants, tous chinois, pas un seul occidental. Des Chinois ne parlant que le chinois, pas un seul mot d'anglais, français, espagnol, italien voire allemand. On a vite compris la chance formidable qui se présentait à Loïc, jeune homme du XXIe siècle, qui allait apprendre à écrire et à parler une des langues les plus importante et essentielle du XXIe siècle. Ne pas parler chinois au XXIe siècle, c'est comme ne pas parler anglais au XXe.

Après bien des errements et de nombreux allers et retours pour trouver notre chemin et l'administration de l'Université, nous avons fini par dénicher la chambre de Loïc dans une des baraques du campus. Une chambre ressemblant furieusement à une cellule de prison, mais sans télévision et radio. Soit 2.95m de large, 3.50m de long. Avec un lit dans la longueur et, à la tête du lit, une toilette turque avec douche collée, bricolée au-dessus de la cuvette. Voilà donc le décor qui s'offre à nous et voilà mon fils propulsé dans cette cellule pour deux années. On allait encore apprendre dans le quart d'heure qui suivait que l'électricité ne fonctionnait que de 5 heures à 8 heures du matin, puis de 19 heures à 21 heures. L'eau chaude ? De 6 heures à 7 heures et de 20 heures à 21 heures.

Le décor planté, devant le désarroi et désespoir de Loïc et avant de le laisser seul pour un an au moins, nous sommes vite allés manger quelque chose à la cafétéria en montrant du doigt les plats que mangeaient les quelques étudiants encore présents à cette heure-là.
Puis il m’a fallu prendre mon enfant dans les bras, le serrer très fort, le serrer toujours et toujours, jouir d’un de ces courts instants magiques où l'amour s'exprime par la tendresse, le geste et le baiser sur la joue.

Une joue que mes lèvres ne voulaient plus quitter. Pourtant il le fallait.
Lui allait rester planté ici, à l'autre bout du monde, et moi j'avais mon avion qui repartait en fin de soirée pour Hong Kong.
Dans le taxi qui m'emmenait à l’aéroport comme dans un corbillard (partir c'est mourir un peu) et qui me séparait de mon fils, j'ai failli rebrousser chemin mille fois. Mais l'amour c'est aussi essayer de faire du bien à l'autre, et ne pas prendre en considération ses états d'âme et sa propre souffrance. A partir de maintenant et pour deux ans, Loïc vivait donc en Chine.

Un jour, c’était huit mois plus tard, Loïc m'a appelé et m'a dit plus ou moins exactement ce qui suit: "Papa, aujourd'hui et après presque une année ici en Chine à Beijing, j'ai compris pourquoi tu me disais quand j'étais petit d'aller éteindre la lumière dans ma chambre, pourquoi tu nous disais d'économiser l'argent, pourquoi tu me demandais de travailler à l'école. Et j'ai aussi compris pourquoi tu m'as envoyé ici en Chine. Et je n'ai qu'un seul souhait, c'est que je puisse offrir la même chose, la même aventure à mes enfants un jour."
Ce fut le plus grand compliment et déclaration d'amour que mon fils m'a faite. L'amour avait triomphé!

Aujourd'hui, Loïc parle et écrit le chinois, travaille pour moi, pour Hublot en Chine, et ne veut revenir ici que pour Noël.

Jean-Claude Biver

"C'était en novembre 2006, Pierre avait 6 ans et Loïc 26 ans. J'ai voulu que le petit frère puisse avoir plus tard le souvenir d'avoir été en Chine rendre visite à son grand frère avant que celui-ci ne termine ses cours à l'Université. Nous étions en visite sur la Grande Muraille et il faisait un froid de canard. A tel point que nous avions dû acheter des manteaux, des pulls, et des casquettes sur place, dans un kiosque de la Grande Muraille."  (photo DR)