«De véritables mégapoles»

Daniel Borel, Chairman Logitech International S.A. / © Logitech
Daniel Borel, Chairman Logitech International S.A. / © Logitech

> Le site de Logitech

> Suzhou

Avez-vous déjà joué à Sim City, ce jeu électronique qui vous permet de créer une ville virtuelle? A l’échelle du réel, c’est exactement ce que m’inspirent Shanghai et Suzhou. Dans le cadre d’une vision développée au plus haut niveau, en l’espace de 10 -15 ans, ces deux villes sont devenues de véritables mégapoles. La première a retrouvé son rang en tant que moteur économique et financier, alors que la notoriété de la seconde, appelée souvent «la Venise de la Chine», repose sur la création d’un véritable pôle d’activités liées à l’électronique, qui a généré un véritable écosystème et regroupe pléthore d’activités et de métiers périphériques – des fournisseurs de composants électroniques aux entreprises de logistique et de transports. 

En 1992, il fallait compter près de 5 heures de route pour aller de Shanghai à Suzhou. Non pas que le trafic fut particulièrement dense, mais parce que l’état de la route nous obligeait à rouler prudemment afin d’éviter les trous, les piétons qui traversaient de façon très spontanée, pour ne pas mentionner les vélos et ... quelques buffles égarés! Quinze ans plus tard, voies rapides, échangeurs et ponts se sont multipliés de façon exponentielle et relient des agglomérations surgies de nulle part, qui se succèdent en continu le long de l’axe Shanghai – Suzhou.

Autre illustration d’un développement qui dépasse l’imaginaire: Pudong. Lorsque je cherchais un terrain pour l’établissement d’une usine dans la région de Shanghai, j’avais eu l’occasion de visiter cet endroit, visiter étant en l’occurrence un bien grand mot puisque à l’époque Pudong était une sorte de «no man’s land», un endroit abandonné parfaitement déprimant. Aujourd’hui, sous l’impulsion des autorités qui l’ont réhabilité, Pudong est devenu le quartier résidentiel et d’affaires en vue de Shanghai. Il compte désormais un nombre incroyable de tours et de gratte-ciels qui ne cessent de «pousser», sans oublier l’aéroport international dont la première piste a été ouverte en 1999, et qui a reçu la bagatelle de 17 millions de passagers en 2006, dont 9 millions d’étrangers. Et ce n’est pas fini puisque les plans d’extension à long terme prévoient la construction de rien moins que 3 terminaux, 2 satellites et 5 pistes d’atterrissage!

© Logitech
© Logitech


Logitech s’est établie à Taiwan (1986), puis installée  en Chine continentale dès 1992. Cette implantation en deux temps nous a permis de bénéficier des compétences et du réseau local de nos partenaires. Dès le début de notre aventure, j’ai été très impressionné par le volontarisme et le dynamisme chinois. Et si il est vrai que «la Chine appartient aux Chinois», et qu’il ne nous est pas toujours facile de comprendre une façon de faire qui obéit à des règles et des codes particuliers, dans les faits, Logitech a bénéficié d’un soutien remarquable de la part des autorités locales. Au cours de toutes ces années, dans le cadre d’une planification à long terme, les autorités de Suzhou, ont été à l’écoute de nos besoins. Cela s’est traduit, entre autre, par l’installation accélérée d’un réseau à fibres optiques en 1994, l’approvisionnement sécurisé en électricité, des délais très courts pour l’obtention d’un permis de construire – 10 mois pour construire une usine moderne de 50'000 m2  - et d’autres actions propres à favoriser notre implantation et celle d’autres sociétés hi-tech dans la région, soutenant ainsi l’avènement d’un parc industriel qui a créé des emplois par milliers.

© Logitech
© Logitech




Aujourd’hui comme hier, je suis fasciné par la Chine. Par la dualité de ce pays à la fois très ouvert et moderne, et terriblement hermétique, ancré dans ses traditions et son histoire.

Daniel Borel