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C'est du chinois!

Cliquez sur les pictogrammes olympiques en haut de la page et découvrez toutes sortes d’anecdotes insolites ou historiques sur le sport en Chine.

Ces symboles, à l'effigie des disciplines sportives mêlent sans complexe écriture chinoise antique et graphisme très épuré. Et pour cause: l'écriture chinoise - tout comme les hiéroglyphes - est à l'origine pictographique.

Pour un oeil averti, ces pictogrammes sportifs - fruit d'une collaboration entre l'Académie centrale des Beaux-Arts et l'Université Qinghua de Pékin - rappellent immédiatement "l'écriture des sceaux". C'est un des styles les plus anciens, utilisé depuis le 2e millénaire avant J.-C.

Aujourd'hui encore, cette écriture très fluide et arrondie se retrouve en calligraphie et, comme son nom l'indique, sur les sceaux, dont le cachet rouge carmin sert de signature.

Eau limpide

Eau limpide

L’eau douce. L’une des questions cruciales de notre époque, et la Chine n’est de loin pas épargnée. A Pékin, depuis août dernier, la pluie n’est quasiment jamais tombée. Le désert grignote du territoire, se rapproche de plus en plus de la capitale, et lui apporte un printemps râpeux et poussiéreux. Pékin est en effet de plus en plus souvent balayé par des tempêtes de sable des déserts de Gobi ou du Taklamakan. Et les dunes ne sont à présent qu’à une centaine de kilomètres de la capitale.

Mais les JO seront verts, luxuriants, et l’eau coulera à flots. Quitte à détourner celle des provinces voisines ou lointaines, à assécher les champs des paysans des alentours, et à pomper allégrement dans les grands fleuves du pays.

Un exemple qui a fait couler beaucoup d’encre chez les spécialistes de l’environnement: le parc aquatique olympique de canoë-kayak. Pour le plus grand site de compétition des JO 2008, Pékin a décidé de remplir le lit d’une rivière asséchée depuis près de neuf ans dans le district de Shunyi, à 36 km au nord du centre. Les chiffres sont édifiants: 2 millions de m3 d’eau ont été pompés des nappes d’eau voisines. La rivière Wenyu a également partiellement été détournée grâce à un canal souterrain de 13 kilomètres. Rien que cette opération coûté 430 millions de yuan, selon les chiffres officiels. Grâce aux 31 850 m2 du bassin et des 580 000 m2 de verdure l’entourant, les spectateurs pourront «apprécier les compétitions dans un cadre naturel idéal», loue le Quotidien du peuple.

La principale victime de ce détournement d’eau est la province voisine du Hebei, l’une des plus pauvres du pays. L’agence officielle Xinhua l’annonçait l’an dernier: «Beijing étant organisateur des Jeux olympiques l'an prochain, il est prévu que 400 millions de m3 d'eau en provenance de la province voisine du Hebei soient acheminés à Beijing pour garantir l'approvisionnement en eau pendant l'événement.» annonçait fièrement Xinhua. Mais sous ce flot de belles paroles se cache la réalité des paysans du Hebei. Pour eux, pas de forêt olympique, pas de bassins pour sports aquatiques, seulement du maïs, que Pékin leur impose de planter en lieu et place du riz, trop gourmand en eau.