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C'est du chinois!

Cliquez sur les pictogrammes olympiques en haut de la page et découvrez toutes sortes d’anecdotes insolites ou historiques sur le sport en Chine.

Ces symboles, à l'effigie des disciplines sportives mêlent sans complexe écriture chinoise antique et graphisme très épuré. Et pour cause: l'écriture chinoise - tout comme les hiéroglyphes - est à l'origine pictographique.

Pour un oeil averti, ces pictogrammes sportifs - fruit d'une collaboration entre l'Académie centrale des Beaux-Arts et l'Université Qinghua de Pékin - rappellent immédiatement "l'écriture des sceaux". C'est un des styles les plus anciens, utilisé depuis le 2e millénaire avant J.-C.

Aujourd'hui encore, cette écriture très fluide et arrondie se retrouve en calligraphie et, comme son nom l'indique, sur les sceaux, dont le cachet rouge carmin sert de signature.

Sous le soleil pékinois

Sous le soleil pékinois

Je vivais une vie tranquille, à bronzer sur les rivages de l’île de Hainan, tout au sud du pays.
Puis un jour des experts sont venus et ont emporté quelques uns de mes frères et mes sœurs pour les envoyer dans un laboratoire au Canada. Là-bas, il sont été mesurés, pesés, scrutés sous toutes leurs facettes. Nos cousins du Shandong et du Guangdong ont subi le même examen. C’est nous qui l’avons remporté! Le sable de Hainan a rempli tous les critères de sélection de la Fédération internationale de volley-ball (FIVB). Nous serions aussi purs que nos camarades scandinaves, qui d’habitude recouvrent les stades de beach-volley. Ainsi, février 2007, toute la famille et quelques voisins avons pris le bateau pour Tianjin. Douze jours entassés dans une cale. En tout nous pesions 10 000 tonnes. A 3 microgrammes le grain de sable, le métro pékinois aux heures de pointe, c’est de la rigolade! Puis deux heures de camion nous ont amené au parc Chaoyang, en bordure des quartiers chics, tout à l’est de Pékin.

Le reste de la famille nous a rejoint quelques mois plus tard. On totalise maintenant 17 000 tonnes sur 10 000 m2. Il paraît que les frais de voyage ont été un peu élevés: dix millions de yuan, c’est le prix qui circule, nettoyage et polissage compris. Quand je pense à tous mes cousins des déserts du Taklamakan et de Gobi qui viennent gratuitement à Pékin, profitant des vents de printemps, je me dis que tout ça est bien cher.
 
Mais la pureté se paie. La capitaine de l’équipe du Canada, Anouk Boileau, qui nous a foulé en été dernier, nous a jugés de «bonne qualité». La télévision nationale – accourue pour nous filmer - a été plus élogieuse encore: «Le meilleur sable au monde!». Et le bruit circule que des analyses de la FIVB ont prouvé que nous étions de qualité supérieure à celui des trois éditions précédentes des JO. Alors tous ces compliments me donnent force et courage pour supporter encore pendant quelques temps cette horrible serpillère verte géante qui nous recouvre et nous protège de la pluie et de la neige (même si elles ne sont guère tombées jusqu’ici). Heureusement, moi je suis à la surface. D’autres se trouvent 40 cm plus bas et n’auront pas, comme moi, la chance de voir cet été le soleil pékinois.

Papiers de Chine