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C'est du chinois!

Cliquez sur les pictogrammes olympiques en haut de la page et découvrez toutes sortes d’anecdotes insolites ou historiques sur le sport en Chine.

Ces symboles, à l'effigie des disciplines sportives mêlent sans complexe écriture chinoise antique et graphisme très épuré. Et pour cause: l'écriture chinoise - tout comme les hiéroglyphes - est à l'origine pictographique.

Pour un oeil averti, ces pictogrammes sportifs - fruit d'une collaboration entre l'Académie centrale des Beaux-Arts et l'Université Qinghua de Pékin - rappellent immédiatement "l'écriture des sceaux". C'est un des styles les plus anciens, utilisé depuis le 2e millénaire avant J.-C.

Aujourd'hui encore, cette écriture très fluide et arrondie se retrouve en calligraphie et, comme son nom l'indique, sur les sceaux, dont le cachet rouge carmin sert de signature.

Poings de discorde

Poings de discorde

La boxe chinoise, appelée parfois kung-fu, se divise en d’innombrables écoles, aux noms plus poétiques et mystérieux les uns que les autres: tanglang quan (boxe de la mante religieuse), baihe quan (boxe de la grue blanche) ou encore meihua quan (boxe de la fleur de prunier). Certaines de ces boxes sont très martiales, d’autres ont dérivé sur des techniques de souplesse et de longévité, comme le taiji quan (boxe du faîte suprême) que l’on appelle taïchi en français. L’idéogramme «quan» est parlant: on y voit une main surplombée d’un rouleau, une main enroulée. C’est un poing, l’arme de base.

Tout au long de l’histoire chinoise, des sociétés secrètes pratiquant des boxes martiales et cultivant une aura ésotérique se sont développées. Le but était généralement de renverser le pouvoir, grâce aux poings et une supposée force surnaturelle. L’exemple sans doute le plus emblématique est la révolte des Boxers. A la fin du XIXe siècle, les insurgés – des paysans pauvres – n’avaient que leurs poings et leur foi mystique pour tenter de chasser les Occidentaux, dont l’influence politique, religieuse, économique et technologique ne cessait de croître en Chine. Ces Boxeurs, membres de Société de la boxe juste et harmonieuse, avaient débuté leur rébellion au Shandong, province péninsulaire où Allemands et Anglais s'étaient établis.

Rébellion aussi complexe que retorse: les Boxers chinois, rejoints par les troupes impériales sont finalement vaincus par les Occidentaux et le Japon en 1901. Condamnée à payer une lourde indemnité, la Chine peine à s’en remettre. Aujourd’hui, à chaque coup dur, elle se souvient de la honte que lui a procuré cet échec pour galvaniser un esprit nationaliste et se défendre des attaques étrangères. Comme ces jours, lorsqu’elle critique violemment l’ingérence des médias et diplomates occidentaux dans ses affaires intérieures. A l’image du Tibet. Et ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, la Chine peut s’appuyer sur d’autres armes bien plus puissantes que des techniques de boxe. Des armes économiques par exemple, qui lui permettent de frapper allégrement du poing… sur la table.