13-09-2008

Cui Jian, rocker magique

© Papiers de Chine
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一快红补


Cui Jian, c’est Le rocker chinois. Un mythe. Des dizaines de millions de fans connaissent toutes les paroles par cœur. Il a été le premier au tout début des années 1980 à arborer un look particulier, à hurler dans un micro, à proposer des rythmes et sons nouveaux, n’hésitant pas à mêler influences punk et airs chinois. Bref, une légende vivante. En gros, Cui Jian, c’est un peu le Johnny Hallyday chinois.


Cui Jian était en concert hier soir, dans le périmètre olympique. Deux dizaines de rangées de bancs. Les premières places – réservées aux VIP – sont à une dizaine de mètres de la scène. Un public assis, presque silencieux, comme au cinéma. Des volontaires répétaient en boucle: «Veuillez vous asseoir s’il vous plait», s’assurant que tout ce monde était bien tranquille. Il y avait de tout: des jeunes bien sûr, mais aussi juste là devant moi des grands-mères, qui passaient par là avec le petit-fils et ont eu envie de profiter des bancs pour donner à boire au bébé et se reposer les jambes.

Etrange de voir cette légende chanter ses tubes qui ont fortement influencé toute la jeunesse de 1989 devant un public silencieux, épars, les bancs accusant de nombreuses places vides. L’annonce de sa venue s’est visiblement faite par bouche à oreille. Aucune mention sur le net. Il faut dire que le chanteur a été interdit de concert pendant toute la décennie 1990, notamment en raison de sa chanson centrée sur l’aliénation: «Un bout de tissu rouge». «Ce jour-là, tu as utilisé un bout de tissu rouge, pour me rendre aveugle et couvrir le ciel.» (écoutez l'extrait).

«Bienvenue dans un concert open-air en Chine», souffle soudain ma voisine de banc, voyant mon air un peu désemparé face à ce spectacle qui me rappelait les après-midi «magicien» au Signal de Bougy. Pendant que les gosses écarquillaient les yeux pour dans un silence respectueux, tentant de comprendre où étaient passés les foulards du monsieur, les parents pouvaient déguster leur glace en toute tranquillité.



09-09-2008

Tiens, un cab londonien!

© DR / Papiers de Chine
© DR / Papiers de Chine

Tiens, on dirait un taxi londonien! On cligne des yeux, se dit que c’est la fatigue post-olympique. Ouf, on est bien à Pékin, en attestent les cris des joueurs d’échecs au bord du trottoir et les vendeurs d’encens. Pas de Big Ben ni de punks aux alentours. Mais le taxi, tout en hauteur et en rondeurs, lui, est toujours là! Avec une nonchalance tout ce qu’il y a de plus british, il roule vers le temple des lamas. 

 

Ce n’est pas la berlue. Cette nouvelle espèce de taxi circule depuis un mois dans la capitale chinoise. «Il y a 70 taxis londoniens à Pékin pour l’instant, confirme Mme Gong, de Capital Taxi. Notre compagnie en a acheté 35. C’est un modèle très agréable et confortable, et surtout qui est tout à fait adapté pour les personnes en chaise roulante», poursuit-elle. Un grand pictogramme de chaise roulante orne d’ailleurs les portes du taxi. La décision prise par le gouvernement de proposer des taxis adaptés aux handicapés est bien sûr liée aux Jeux Paralympiques de Pékin, qui se déroulent du 6 au 17 septembre. Quelques petites différences d’avec leurs cousins d’Angleterre, avec notamment un volant à droite, afin d’être conforme aux réglementations chinoises.

Pékin se mettrait-il au charme british? Ou peut-être est-ce le contraire qui se passe, et l’Angleterre qui se met à l’heure chinoise. Car pour la première fois de leur histoire, les taxis londoniens traditionnellement fabriqués par London Taxi International (LTI) à Coventry, sont usinés à Shanghai.Depuis janvier 2007, le constructeur a signé un partenariat avec le chinois Geely Automobile, afin de produire des TX4 destinés aux marchés étrangers comme Dubaï ou Singapour. Les TX4 qui circulent dans les rues de Pékin sont donc chinois! L’usine de Coventry continuera toutefois d’assurer la majorité des fabrications. Le maire de Londres Boris Johnson, qui était à Pékin lors de la cérémonie de clôture des JO a d’ailleurs inauguré ces TX4 «made in China».

 



04-09-2008

Gédéon n'aime pas déménager

© Papiers de Chine
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Gédéon est un peu perplexe dans son nouvel environnement. La cour carrée, où il aimait tant se défouler, a été remplacée par un parquet ciré qui colle un peu aux pattes. Le bruit des cicadas qui envahissaient le jujubier a disparu, il faut s’accomoder d’un banal bruit de circulation. Sans parler de cette boîte de nuit, qui crache sa techno juste là, de l’autre côté de l’avenue.

Mais il faut dire que Gédéon est un peu le conservateur de l’équipe Papiers de Chine. Alors quand ça déménage, il s’octroie le luxe d’être dubitatif. Même lorsque ses collègues lui assurent que Pékin, c’est aussi ça, les cols-blancs, les bars trendy, les expats qui côtoient les Chinois, les tours qui rivalisent de prestige. Mais il finira bien par apprécier le confort de son nouvel environnement de travail. Et après avoir été familier du vieux Pékin, où rémouleurs déambulent dans les dédales de hutongs, découvrir un Pékin speed, branché et inventif pourrait bien lui plaire. Question carottes, il fait moins la fine bouche et dévore déjà aussi vite celles du quartier de Chaoyang que celles de Dongcheng.



18-08-2008

Clic clac

© Papiers de Chine
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Tiananmen ne désemplit jamais. Surtout pas en cette période olympique. La célèbre place a été décorée pour l'occasion et l'on se photographie mutuellement devant le logo des JO ou le slogan "One world, one dream". Des fourgons de la police militaire tournent autour de la place, des volontaires nettoient le sol de tout mégot. Tiananmen dans toute sa splendeur.

© Papiers de Chine
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18-08-2008

Ombrelles et parapluies

© Papiers de Chine
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"Comme tu es noire!" En Europe, la personne qui s'entend dire ça rougira de plaisir. Ses séances immobiles à la plage, sous un soleil de plomb, ont porté leurs fruits. Etre bronzé, c'est montrer qu'on vit bien, qu'on vit libre et qu'on peut se permettre de passer des heures à ne rien faire sauf transpirer.

En Chine, la même phrase est tout sauf un compliment. Ceux qui triment aux champs ou sur les chantiers sont hâlés. Les citadins aisés, eux, se doivent d'afficher une peau blanche comme un chèvre frais, ou du moins s'en rapprocher le plus possible. D'où ces scènes un peu décalées, en plein été, lorsque les boulevards sont encombrés d'ombrelles et autres parapluies.



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