19-03-2008

Sur un air de Pékin

Voici une page du journal de hier soir. En haut, on titre: «Le sable attaque la capitale». Effectivement, hier matin, on prenait soin d’emporter son masque avant de sortir. L’air était opaque, gris-jaune, comme on peut le constater sur la photo qui illustre l’article.

Jusque là, rien de spécial, c’est une nouvelle assez banale à Pékin en cette saison. Ce qui est bien plus amusant, en revanche, c’est de voir quel article les éditionneurs ont choisi de placer à côté: «Août prochain, la qualité de l’air à Pékin sera absoluement sans danger pour la santé des athlètes». On n’aurait pas pu trouver emplacement plus convaincant!



18-03-2008

Assemblée costumée

DR
DR

Voilà, la 1ère session de la 11e Assemblée populaire nationale (le parlement chinois) s’est terminée ce matin à Pékin. Elle a réélu Hu Jintao au poste de président avec 99,7 % des voix. Bien que le résultat ne soit pas une surprise, la télévision nationale a retransmis durant de longues minutes silencieuses les profondes réflexions des députés en train de revérifier leurs bulletins de vote...

Je n’ai pas eu la chance de voir l’événement, trop occupée à négocier avec d’autres officiels dans les régions tibétaines. Mais on m’a raconté, heureusement. Ça semblait passionnant, surtout à l’heure où il y avait certainement bien plus intéressant à montrer, comme des manifestations de moines par exemple.

Mais revenons à la clôture de l’APN. Le China Daily publie ce matin une photo haute en couleur avec des députés qui posent en groupe. Des plumes, des clochettes, des foulards bariolés, des couronnes dans les cheveux: depuis l’ouverture de la session le 5 mars, toutes et tous les représentants des 55 minorités nationales – Miao, Tibétains, Naxi etc. - sont en tenue traditionnelle. Question esthétique, il n’y a rien à dire, ça vaut certainement le carnaval de Rio. Ça fait des très jolies photos à publier dans la presse. Mais une question me taraude l’esprit: Pourquoi les Han (l’ethnie majoritaire en Chine) sont-ils simplement en uniforme costard-cravatte pour les hommes et tailleur strict foncé pour les femmes? Pourquoi ne pas leur façonner un costume avec l’un de ces tissus brillant que l’on trouve au marché de la soie ? Ou au moins un petit signe distinctif, un col mao par exemple. Quoique, le col mao, c’est encore une autre histoire – qui fera l’objet du prochain post – car il a bien voyagé avant d’arriver en Chine.



13-03-2008

D’un endroit à l’autre

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Si d’un côté il y a les lumières éblouissantes, Macao sait aussi se faire très provinciale. Au village de Coloane, prononciation portugaise de Luhuan en mandarin ou Lou Waan en cantonais, les poissons mis à sécher au milieu des fleurs et les chantiers navals en déliquescence

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

contrastent avec le strass de la soirée précédente. On croise quelques personnes qui jouent aux échecs chinois à l’ombre de gommiers gigantesques. Tout semble calme, figé. Puis le minuscule débarcadère s’anime. Le ferry pour Zhuhai est sur le point de partir. Zhuhai, c’est juste là, à cinq minutes de bateau. C’est la Chine continentale. Car même si Macao a rejoint la Chine en 1999, elle reste un système à part, une «région administrative à statut spécial», tout comme Hong Kong. «Si vous êtes résident de Macao, il vous faut un visa pour aller à Zhuhai», explique le douanier en mandarin mâtiné de cantonais, à moins que ce ne soit le contraire.

 

 

 

 

Une vingtaine de passagers, chargés de cadeaux et marchandises embarquent sur le rafiot. Les parapluies s’ouvrent, non pas qu’il pleuve, mais il est une heure de l’après-midi, le soleil tape déjà un peu en cette saison. Une heure de l’après-midi, donc: nos pas nous emmènent vers la plage dite «de sable noir». Là, Chez Fernando nous réserve le meilleur crabe et poisson grillé de tout l’est. Le vin de la maison est frais. On est soudain bien loin de la moquette feutrée des casinos. 

 

 



13-03-2008

Romantisme pragmatique

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

La machine à manger les sous

«O sole mio! Sta ‘nfronte a te. O sole miooOO.» Le gondolier glisse sur les canaux en déployant ses meilleurs talents de ténor. Pour le plus grand bonheur de ses passagers. Des touristes chinois pour la plupart.


L’eau est un chouïa trop bleue, le ciel un rien trop homogène, et les bâtiments semblent quelque peu figés. Mais l’effet reste saisissant. On se retrouve bouche bée devant ce paysage avant de dégainer l’appareil photo.C’est que le Venetian, le plus grand casino au monde, inauguré en août 2007, n’a pas lésiné sur les moyens: 2,4 milliards de dollars pour bâtir le deuxième plus grand bâtiment de la planète, juste derrière le centre de production Boeing à Washington. Rien que la partie casino s’étale sur 46 000 mètres carrés, pouvant ainsi accueillir 870 tables de jeu et 3400 machines à sous. Le succès est indéniable. Un lundi après-midi, la partie casino est remplie. Des joueurs et curieux venus de Chine continentale, de Hong Kong, Taipei, ou du Japon. On vient entre amis ou en solitaire. On fume beaucoup.Ici, à la roulette, un sexagénaire vient de remiser tous ses gains. Il écrase avec force sa cigarette au fond du cendrier, puis, pendant que la roulette tourne, s’en va distraitement regarder les autres tables. Le 24 tombe. Il a tout perdu, et part, stoïque, pendant que le croupier continue imperturbablement son jeu. Là, un groupe de jeunes s’encourage ou se réconforte bruyamment. Derrière eux, une femme visiblement stressée et exténuée, s’acharne sur le bancomat. Le retrait minimum est de 500 dollars HK. Et même si ce n’est que 66 francs, on mesure la stratégie du casino. Ailleurs dans la ville, le retrait minimum est cinq fois moins élevé…

Retour sur les bords du Grand Canal pour dépenser les éventuels gains. Tout est prévu: près de 350 enseignes, du luxueux Versace, au tendance Diesel, en passant par du tout à fait fonctionnel, pour ne pas  dire vulgaire Mc Donald’s, tous les goûts sont acceptés au Venetian, pourvu que l’on s’amuse en dépensant.



07-03-2008

Carrioles dans le panneau

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine


Interdiction aux carrioles de circuler sur les routes à l'intérieur du deuxième périphérique (le coeur de Pékin) et sur celui-ci. Je confirme, les contrevenants sont nombreux!



< Page précedente | Page suivante >