17-04-2008

La «vérité des faits»

Qui? Quoi? Quand? Comment? Pourquoi?
Qui? Quoi? Quand? Comment? Pourquoi?

L’établissement de la «vérité des faits» (voir post précédent) me fait penser à une quête du Graal. Dans l’actualité sino-tibéto-occidentale, c’est particulièrement frappant. Tout d’abord, l’autonomie ou l’indépendance du Tibet suscite des émotions très vives.

En Chine, mais en Occident aussi. Etrangement, je n’ai pas encore vu de manifestant occidental agiter un drapeau Free Xinjiang sur le parcours de la flamme. Et pourtant, la situation de cette région est similaire à celle du Tibet. Et l’oppresseur est le même. Mais bon, les Ouïghours qui peuplent le Xinjiang sont musulmans, c’est paraît-il moins vendeur comme cause. Ensuite, la presse chinoise est complètement muselée sur ces affaires de politique intérieure, et se contente à quelques rares exceptions de recracher les dépêches officielles. Et de fustiger les médias occidentaux qui «soutiennent la clique du dalai-lama» et biaisent la réalité. Et enfin, les médias occidentaux sont interdits d’accès au Tibet et régions tibétaines. Des barrages policiers bloquent toutes les voies menant à cet immense territoire. Faute de pouvoir obtenir de l’information directe, le monde occidental commente sans fin les quelques bribes et images disponibles pour tenter de comprendre ce qui s’est vraiment passé à Lhassa. La «vérité des faits» ne sera donc pas disponible de sitôt. En témoigne l'image ci-contre qui circule depuis quelques jours sur internet, sur laquelle on voit un contingent de militaires chinois tenant des robes de moines. La légende qui circule avec la photo précise que ces militaires chinois se sont déguisés en moines avant d’aller initier les troubles de Lhassa. Le média on-line Rue89 fournit enfin une explication plus crédible et démontre que cette photo provient non seulement d’un film datant de plusieurs années, mais qu’en plus les tenues des militaires que l’on voit sur la photo sont un modèle ancien, qui n’est plus utilisé aujourd’hui.



16-04-2008

Le dialogue de sourds guette

«C’est la première fois qu’il y a autant de manifestations sur le parcours de la flamme?», demande une amie chinoise, cherchant sincèrement à comprendre pourquoi une partie du monde s’acharne contre son pays depuis quelques semaines, en focalisant sur la question du Tibet.

«Il y a plein de points de vue différents sur cette question tibétaine, me confiait un autre interlocuteur chinois. Tout le monde en parle, mais qui est déjà allé là-bas? Qui connaît vraiment le Tibet? Mes amis occidentaux n’arrêtent pas de me demander mon avis sur la question, mais qu’est-ce que j’en sais, je n’y ai jamais mis les pieds?» avouait-il, perplexe devant l’engouement de ses amis occidentaux pour cette cause.


Les discussions avec des Chinois sur ces dernières actualités sont parfois difficiles – mais néanmoins extrêmement intéressantes. Par effet de miroir, on y voit souvent notre partialité. Les arguments à l’emporte-pièce sont vite lancés. Et le dialogue de sourds guette. D’ailleurs, du côté occidental, la capacité d’écoute n’est pas toujours si exemplaire. En témoignent les commentaires suite à la longue interview du Ministère des affaires étrangères chinois parue ces jours dans un journal romand: «Mais pour qui se prennent les Chinois pour donner des leçons?», écrit une lectrice, outrée. «Comment une soi-disant journaliste peut-elle (mot manquant – probablement sous le coup de l’émotion) cette infâme propagande mensongère sans rétablir la vérité des faits? s’indigne un autre. Et que fait le chef d'édition?!»



14-04-2008

28 degrés et des gros flocons

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Depuis hier, Pékin vit des heures chaudes. Délicieusement agréables après l'hiver si rigoureux. Et depuis ce matin, des millions de flocons blancs virevoltent dans les airs. Des petits flocons qui s'étreignent, s'étreignent encore. Certains atteignent

même la taille d'un poing. Ces flocons-là, ne sont pas faits d'eau mais de pollens. Des pollens de jujubiers peut-être ou plus vraisemblablement des graines des 300'000 peupliers qui ombragent la ville.

Génial, c'est le printemps à Pékin!



09-04-2008

L'art de la censure

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine


Depuis début avril, Wikipedia est à nouveau accessible depuis la Chine. Jusqu’à présent, le portail d’information était complètement bloqué (relire notre post) et il fallait sortir le bon vieux Robert pour vérifier la définition de locuste ou contrôler la date de naissance de Hu Jintao.

A partir de maintenant, plus besoin de bouger ses doigts du clavier, la vision wikipédienne du monde est disponible à Pékin. Ou presque. Toute recherche sur le Tibet, Tiananmen ou le monastère Labrang à Xiahe redirigent l’apprenti wikipédien sur une page «connexion réinitialisée».



07-04-2008

Comment recycler un paquet de lessive

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Une scène rurale, à une heure de voiture du centre-ville, sur le chemin des pagodes d’argent: le maïs est broyé sur une meule de pierre grâce à la traction de l’âne.

Quant au paquet de lessive Tide qui fait office d’œillères, «c’est pour qu’il aille tout droit», explique le couple de paysans qui surveillent l’opération. Illusion d’optique? Je le vois surtout tourner en rond à donner le tournis, ce brave bourricot.



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