10-06-2008

«Cherche mari, avec bon salaire, pour ma fille»

© Papiers de Chine
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En plein centre de Shanghai, dans le petit parc qui jouxte la place du Peuple, des dizaines de personnes, toutes visiblement cinquantenaires, se sont rassemblées.

© Papiers de Chine
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Debout, assis, ils attendent, l’air très concentré. Tous ont une feuille à la main, sur laquelle sont rédigés plus ou moins soigneusement des caractères chinois, et des chiffres, beaucoup de chiffres.

«Ce sont des annonces pour marier nos enfants», explique rapidement cette femme qui tente de dissimuler la petite pancarte. Mais on distingue: «Fille, 1978. 1,72 mètres. Salaire plus de 10 000 yuan. Cherche beau mari. Salaire minimum 15 000. Idéalement il doit avoir son appartement. Possibilité d’acheter à deux un appartement.» Difficile d’en savoir plus, les curieux ne sont pas les bienvenus dans ce petit business. Un peu à l’écart, un homme accepte de nous en dire un peu plus: ces réunions ont lieu tous les samedi dans ce même parc.

Pourquoi? La question semble presque étonner ce jovial père de famille. «Pour aider nos enfants à trouver l’âme sœur! Vous savez, les jeunes sont tellement occupés aujourd’hui, ils sont pris par leur travail, leur carrière. Alors on les aide. En plus, ça nous occupe.» Pour achever de convaincre, il glisse: «Et puis, ça permet de se faire rapidement une idée sur la belle-famille. C’est très important vous savez…»



05-06-2008

Le plastique, c'était fantastique

© Papiers de Chine
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«Vous n’auriez pas un sac??», demande la cliente, désignant d’un regard un rien exaspéré la dizaine d’achats qui restent plantés sur le comptoir du petit supermarché.

© Papiers de Chine
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«Oui, ce sera deux mao!» La cliente, troublée par l’attitude de la caissière qui semblait rechigner à empaqueter ses articles, avait surtout oublié la nouvelle réglementation: depuis le 1er juin, les sacs plastiques ultrafins (moins de 0.025 mm) distribués dans les marchés et commerces sont strictement interdits, sous peine d’amende salée.

Jusqu’à 10 000 yuan prévient le Quotidien du Peuple. Leur production a aussi été arrêtée.Pour préserver l’environnement, il faut soit débourses 3 centimes pour un sac plastique ad hoc, estampillé d’un code barre comportant les références complètes du commerçant, ou alors venir avec son panier.



04-06-2008

R.A.S

© Papiers de Chine
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Rien à signaler, place Tiananmen, pour la 19e commémoration des manifestations d’étudiants. Ou peut-être quelques agents de sécurité en plus. Et deux trois fourgonnettes de police qui sillonnent la place.

Pour le reste, des groupes de touristes, des vendeurs de cerfs-volants ou de petits drapeaux chinois. Ici, tout un périmètre est sécurisé: une dizaine de nettoyeuses s’évertuent à enlever tout reste de chewing-gum. Avec le même acharnement que celui dont fait preuve le gouvernement pour effacer toute trace des événements du 4 juin 1989 dans la mémoire collective chinoise. Ma réflexion est interrompue par une vendeuse ambulante: «Le soleil tape. Vous voulez une casquette Beijing olympics?»



25-05-2008

Le grand Bouddha

© Papiers de Chine
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Conversation entendue dans un bureau de poste à Pékin:

- En recommandé! dit le client, quarantenaire, jetant une lettre sur le comptoir.

- Vous êtes du Sichuan? lui demande l’employée, reconnaissant l’accent caractéristique.

 

- Oui, c’est ça.

- Et vous n’êtes pas rentré ?

- Rentrer? A quoi bon ?

- Voir votre famille, vos proches! Tout va bien pour eux?

- Oui, oui, merci, aucun problème, ils habitent à Leshan. Pas loin du Grand Bouddha.

- Ah tant mieux, c’est vraiment terrible ce qui s’est passé dans certaines régions.

- Oui, c'est horrible. Nous, heureusement, le Grand Bouddha nous a protégés...

 



22-05-2008

Combien?

© Papiers de Chine
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Les dons affluent pour les victimes du séisme au Sichuan. Le 20 mai, ils s’élevaient à 8,92 millards de yuan (1,34 millards de chf), sans compter les dons en matériel.

Dans les journaux, sur internet, les montants des dons circulent, c’est toujours un bon coup de pub pour les particuliers ou les compagnies. Enfin, presque. La star du basket-ball Yao Ming a été obligé de «rallonger» son don initial de 500 000 yuan (75 000 francs) à deux millions, suite aux critiques acerbes de ses fans et moins fans. «Il a donné tellement peu. Quand on connaît son statut. Il devrait donner plus. Beaucoup plus!», s’insurge un internaute sur le site officiel du basketteur.



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