04-09-2008

Gédéon n'aime pas déménager

© Papiers de Chine
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Gédéon est un peu perplexe dans son nouvel environnement. La cour carrée, où il aimait tant se défouler, a été remplacée par un parquet ciré qui colle un peu aux pattes. Le bruit des cicadas qui envahissaient le jujubier a disparu, il faut s’accomoder d’un banal bruit de circulation. Sans parler de cette boîte de nuit, qui crache sa techno juste là, de l’autre côté de l’avenue.

Mais il faut dire que Gédéon est un peu le conservateur de l’équipe Papiers de Chine. Alors quand ça déménage, il s’octroie le luxe d’être dubitatif. Même lorsque ses collègues lui assurent que Pékin, c’est aussi ça, les cols-blancs, les bars trendy, les expats qui côtoient les Chinois, les tours qui rivalisent de prestige. Mais il finira bien par apprécier le confort de son nouvel environnement de travail. Et après avoir été familier du vieux Pékin, où rémouleurs déambulent dans les dédales de hutongs, découvrir un Pékin speed, branché et inventif pourrait bien lui plaire. Question carottes, il fait moins la fine bouche et dévore déjà aussi vite celles du quartier de Chaoyang que celles de Dongcheng.



18-08-2008

Clic clac

© Papiers de Chine
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Tiananmen ne désemplit jamais. Surtout pas en cette période olympique. La célèbre place a été décorée pour l'occasion et l'on se photographie mutuellement devant le logo des JO ou le slogan "One world, one dream". Des fourgons de la police militaire tournent autour de la place, des volontaires nettoient le sol de tout mégot. Tiananmen dans toute sa splendeur.

© Papiers de Chine
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18-08-2008

Ombrelles et parapluies

© Papiers de Chine
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"Comme tu es noire!" En Europe, la personne qui s'entend dire ça rougira de plaisir. Ses séances immobiles à la plage, sous un soleil de plomb, ont porté leurs fruits. Etre bronzé, c'est montrer qu'on vit bien, qu'on vit libre et qu'on peut se permettre de passer des heures à ne rien faire sauf transpirer.

En Chine, la même phrase est tout sauf un compliment. Ceux qui triment aux champs ou sur les chantiers sont hâlés. Les citadins aisés, eux, se doivent d'afficher une peau blanche comme un chèvre frais, ou du moins s'en rapprocher le plus possible. D'où ces scènes un peu décalées, en plein été, lorsque les boulevards sont encombrés d'ombrelles et autres parapluies.



12-08-2008

Les emplettes de Couchepin en Chine

«J’ai vu votre président à la télé!» Sur le palier de sa porte, la voisine semblait aux anges hier matin de pouvoir enfin annoncer quelque nouvelle liée à la Suisse. «Il a serré la main à Hu Jintao!» Pour prouver qu’elle avait suivi cette poignée de main sino-suisse avec le plus grand intérêt, elle se lança dans une description de Pascal Couchepin: «Il est grand, chauve, avec un gros nez!»

«…Enfin, presque chauve», se reprit-elle, avant de conclure avec assurance, hochant la tête: «En tout cas, il a l’air très bien. On sent qu’il aime les gens, ça se voit à son regard.»

Outre celle de la voisine, le président de la Confédération aurait aussi fait la joie des vendeurs du marché de la soie. Le portail d’information Sohu, révèle que «Pasikaer Kushipan», comme on l’appelle ici (帕斯卡尔库什潘) aurait acheté deux chemises juste après son arrivée. «Le marché de la soie a attiré de nombreuses personnalités venues à Pékin pour l’ouverture des Jeux olympiques. Après le maire d’Athènes Nikita Kaklamanis, c’est au tour du président suisse Pascal Couchepin de venir y faire ses emplettes, pour la plus grande joie du marché.» Le président suisse y aurait acheté deux chemises en coton : rayée bleu et blanc et violet clair. Alors qu’il s’apprêtait à payer, l’un de ses accompagnants chinois s’est étonné : «Comment? Vous ne marchandez pas?» A quoi Pascal Couchepin aurait répondu : «Je n’ai pas eu le temps d’entraîner mes talents de marchandage ces derniers temps. Mais ne vous inquiétez pas, nous reviendrons lorsque je serai au top!»



08-08-2008

On y est, le compte est bon!

© Papiers de Chine
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Depuis 2001, année d’attribution des JO à Pékin, c’est le compte à rebours. On n'arrive même plus à recenser le nombre de panneaux qui depuis un an annoncent JO – X jours. On ne s’étonne d’ailleurs plus de fêter à l’envers. Ici, il ne s’agit pas de fêter les six mois, les un an etc. comme on le fait traditionnellement pour un mariage, un enfant. Ici, on a fêté les «moins». «JO moins six mois», «un mois avant les JO», «à trois jours des JO… »


Mais après? «Il faudra trouver d’autres grandes causes», m’expliquait Nicolas Zufferey, professeur à l’unité des études chinoises de l’Université de Genève. «Pour mobiliser le peuple et faire oublier tous les problèmes du pays. Juqu’à présent, les JO étaient un but qui justifiait tout.»


Heureusement, quelques 4000 bébés chinois ont été prénommés «Aoyun», littéralement «Jeux olympiques» en mandarin. Ca permettra de fêter quelques «+». «Joyeux anniversaire aoyun, joyeux anniversaire…». Ou plutôt «shengri kuai le aoyun, shengri kuaile.»

Bon, en ce qui nous concerne, il va falloir enlever le compte à rebours sur la une de Papiers de Chine. Raisonner autrement qu’en perspective olympiennes. Ne plus utiliser l’argument «JO», pour proposer des papiers aux rédactions. Tout un apprentissage à refaire.

Pour digérer cette crue réalité, je me raccroche à mes cours de philo que je n’ai jamais eus, et à cette citation de André Breton: «Indépendamment de ce qui arrive, de ce qui n’arrive pas, c’est l’attente qui est magnifique».



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