20-07-2008
11-07-2008
06-07-2008
26-06-2008
26-06-2008
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20-07-2008

Drapeaux au vent

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

«Tiens, celui-ci en a mis deux!» «Là, en voilà un autre qui passe!» Ces derniers temps, les drapeaux chinois défilent. Un petit modèle flotte sur un nombre croissant d’antennes radio des automobiles. Déjà à Urumqi, la capitale de la région autonome du Xinjiang, j’avais remarqué les wuxing hongqi – drapeau rouge aux cinq étoiles – sur de nombreux véhicules, vélos et motocyclettes comprises:

«C’est pour souhaiter la bienvenue au passage de la torche olympique», m’expliquait un habitant. A Pékin, j’ai recueilli une explication plus surprenante: la vague des drapeaux chinois aurait commencé suite au séisme qui a frappé le Sichuan: «Pour montrer leur soutien, que la nation chinoise est unie», m’éclaire un chauffeur de taxi. Qui s’assombrit lorsque je lui demande la raison des cinq étoiles. «Ah oui, euh, cinq étoiles, je ne sais pas, c’est comme ça depuis 1949..»
Les quatre petites étoiles représenteraient le peuple chinois – traditionnellement réparti en quatre catégories – qui toutes pointent vers la grand étoile du parti communiste chinois. D’autres interprétations expliquent que ces cinq étoiles sont à rapprocher des cinq lignes qui figuraient sur le drapeau de la République de Chine fondée en 1912 et qui symbolisaient les grands peuples du pays: Han, Mandchous, Mongols, Tibétains et Musulmans.



11-07-2008

Jeux de lascars

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Jeux de hasard, jeu de lascars en République Populaire de Chine, où roulettes russes et autres blackjack sont illégaux. Et pourtant. En mai dernier, la police a fait irruption dans une vieille usine desaffectée, perdue au fin fond de la campagne reculée du district de Mengoutou, à l’est de la Municipalité de Pékin. Sous les ronces et brousailles se dissimulait un casino.

 

Imaginez, ces collines et montagnes de terre brune carcatéristiques de la banlieue pékinoise, des maisons en brique rouge, ici du maïs qui sèche, là deux vieux en vareuse indigo Mao qui discutent sur un muret de pierre, et là-bas, des jetons, des croupiers, et des yuan qui coulent à flots.

Des croupières avaient même été rapatriées de Birmanie, pour leur savoir-faire. Car il faut savoir que si les casinos sont formellement interdits en Chine, ils fleurissent partout autour. Macao bien sûr, mais aussi les frontière sino-birmane, sino-laotienne, et même.. si si, la Corée du Nord, où un casino accueillait généreusement et exclusivement les yuan chinois. Les autorités chinoises avaient toutefois fait pression pour fermer le Emperor Leisure Center en 2005, dans une grande action contre le jeu illégal et la dilapidation des deniers publics.

M. Zhang, qui tient un restaurant dans la région, a bien sûr entendu parler du casino de Mentougou. Selon lui, rien d’étonnant, à voir la façon dont les officiels locaux gèrent les choses. Le directeur de l’école du village, M. Liu, s’avoue rassuré pour ses ouailles. Mais craint que de telles initiatives ne se répètent, si le gouvernemnt local ne prend pas plus de mesures de sécurité. J’espère que M. Zhang et M. Liu ne seront pas trop déçus. Au gouvernement local, une voix féminine et anonyme réplique sèchement : «Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Vous devez faire erreur.»



06-07-2008

Le propriétaire

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Demandez à un Chinois ou à un étranger habitant en Chine de vous parler de son propriétaire. La plupart du temps, cela suffit à meubler une soirée. Le phénomène est relativement récent, puisque jusque dans les annés 1980, le logement était fourni par ce qu’on appelle le danwei, structure d’Etat liée au travail, qui se chargeait de toute la vie de l’employé.

Depuis, le communisme pur et dur s’est transformé en socialisme à la chinoise, et les locataires essaient tant bien que mal de comprendre le sens de l’adage société harmonieuse derrière des loyers qui ne cessent de prendre l’ascenseur en cette période préolympique. Outre des tracas de nature financière, il est encore rare qu’un propriétaire respecte un semblant de caractère privé de la chose louée. «La plupart des gens que je connais s’empressent de changer les serrures une fois le bail signé», me révélait une connaissance. «Mon proprio débarque sans prévenir, et se permet d’aller partout, même dans la chambre à coucher», m’expliquait une autre.

Le mien? Nos relations oscillent entre relations sino-soviétiques des années 1960 et détente à l’image des vols directs qui reprennent ces jours entre Taiwan et la Chine continentale.

La dernière fois qu’il est venu, vêtu de sa sempiternelle blouse grisâtre et de son pantalon beige élimé (tenue de camouflage du sexagénaire, qui possède de nombreuses cours carrées, louées à prix fort), j’ai même été jusqu’à lui présenter Gédéon, ma nouvelle sauterelle.

Pendant que le proprio surveilllait son fidèle M. Zhao, accroupi sur le toit à tenter pour la énième fois de dénicher la fuite qui inonde régulièrement le salon en cas de pluie, nous avons discuté alimentation pour sauterelles, compétitions olympiques et …voyages.

Mon propriétaire, celui-là même qui dilue avec un peu d’essence puisée dans le réservoir de sa moto la peinture verte destinée à redonner un peu de dignité aux fausses portes qui ornent la cour; ce personnage qui ne comprend pas pourquoi il nous proposerait une télévision neuve puisque le modèle deuxième main qu’il vient d’acquérir propose les mêmes programmes – il suffit de se lever de son canapé pour changer les chaînes ou régler le volume (je passe l’épisode où on a découvert qu’il avait branché le cable télé sur le réseau des voisins); ce rigolo qui n’a jamais compris ma détresse lorsque je lui expliquais que la prise du chauffe-eau avait pris feu dans son socle et qu’il était urgent d’installer des plombs; et bien mon propriétaire pense partir quelques mois en Australie. «Pour visiter les neveux de mon épouse», lâche-t-il, sans autre manifestation, un œil rivé sur M. Zhao, l’autre sur l’une des fausses portes. «Ah mais c’est une excellente nouvelle!» que je m’empresse de lui répondre, un sourire large comme la distance entre Shanghai et Kashgar. J’imagine: pas de réveil en sursaut le dimanche matin – «je suis venu redonner un coup de vert aux portes de la cour, la dernière fois, ce n’était pas le bon ton»; fini les visites surprises de son épouse - «Vous êtes journalistes non? Vous pourriez écrire un article sur le sujet», sortant de son sac une brochure qui vante des pilules miracle dont l’efficacité sans limites a été prouvée par le grand explorateur de la dynastie Ming Zheng He. «L’Australie… Je suis vraiment contente pour vous. Vous vous réjouissez?»
- Bof. Me réjouir de quoi? C’est pareil qu’ici, là-bas. Ils ont les mêmes frigos, les mêmes télévisions…

La nuit tombe, il est l’heure pour M. Zhao de redescendre du toit. On saura à la prochaine averse s’il a bien fait son travail.



26-06-2008

Cochon, ce héros!

Le héros de la semaine en Chine? Zhu Jianqiang, dont le nom signifie «porc persistant». Car il s’agit bien d’un cochon, âgé de un an, qui a miraculeusement été retrouvé vivant après avoir passé 36 jours sous les décombres du village de Tuanshan, dans la province sinistrée du Sichuan. 

Le goret a perdu 100 kilos. Voyant l’intérêt que la bête a immédiatement suscité dans les médias et sur internet (photo DR), un directeur de musée à Chengdu l’a rachetée au couple propriétaire pour 3008 yuans (450 francs). L’animal pourrait vivre encore 15 ans a déclaré un vétérinaire qui l’a examiné.

Le tremblement de terre au Sichuan a provoqué la perte de 3,5 millions de porcs, selon le Ministère de l’agriculture.



26-06-2008

La machine à popcorn

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

A Yanglin, bourgade de la province du Yunnan, tout au sud-ouest du pays, c’est dimanche, jour de marché. La rue centrale est encombrée de carioles à cheval et de camions bleus.

 

Ici, un peu à l’écart un enfant attend sagement ses parents, au coin d’une rue. A ses pieds, un sac de jute s’agite. Un museau rose dépasse : c’est un petit cochon. Plus loin, on croise modernité et vieille machinerie. Un homme, téléphone portable dans une main actionne de l’autre un chauderon à pop-corn.



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