06-07-2008
26-06-2008
26-06-2008
18-06-2008
12-06-2008
<<< | >>>
06-07-2008

Le propriétaire

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Demandez à un Chinois ou à un étranger habitant en Chine de vous parler de son propriétaire. La plupart du temps, cela suffit à meubler une soirée. Le phénomène est relativement récent, puisque jusque dans les annés 1980, le logement était fourni par ce qu’on appelle le danwei, structure d’Etat liée au travail, qui se chargeait de toute la vie de l’employé.

Depuis, le communisme pur et dur s’est transformé en socialisme à la chinoise, et les locataires essaient tant bien que mal de comprendre le sens de l’adage société harmonieuse derrière des loyers qui ne cessent de prendre l’ascenseur en cette période préolympique. Outre des tracas de nature financière, il est encore rare qu’un propriétaire respecte un semblant de caractère privé de la chose louée. «La plupart des gens que je connais s’empressent de changer les serrures une fois le bail signé», me révélait une connaissance. «Mon proprio débarque sans prévenir, et se permet d’aller partout, même dans la chambre à coucher», m’expliquait une autre.

Le mien? Nos relations oscillent entre relations sino-soviétiques des années 1960 et détente à l’image des vols directs qui reprennent ces jours entre Taiwan et la Chine continentale.

La dernière fois qu’il est venu, vêtu de sa sempiternelle blouse grisâtre et de son pantalon beige élimé (tenue de camouflage du sexagénaire, qui possède de nombreuses cours carrées, louées à prix fort), j’ai même été jusqu’à lui présenter Gédéon, ma nouvelle sauterelle.

Pendant que le proprio surveilllait son fidèle M. Zhao, accroupi sur le toit à tenter pour la énième fois de dénicher la fuite qui inonde régulièrement le salon en cas de pluie, nous avons discuté alimentation pour sauterelles, compétitions olympiques et …voyages.

Mon propriétaire, celui-là même qui dilue avec un peu d’essence puisée dans le réservoir de sa moto la peinture verte destinée à redonner un peu de dignité aux fausses portes qui ornent la cour; ce personnage qui ne comprend pas pourquoi il nous proposerait une télévision neuve puisque le modèle deuxième main qu’il vient d’acquérir propose les mêmes programmes – il suffit de se lever de son canapé pour changer les chaînes ou régler le volume (je passe l’épisode où on a découvert qu’il avait branché le cable télé sur le réseau des voisins); ce rigolo qui n’a jamais compris ma détresse lorsque je lui expliquais que la prise du chauffe-eau avait pris feu dans son socle et qu’il était urgent d’installer des plombs; et bien mon propriétaire pense partir quelques mois en Australie. «Pour visiter les neveux de mon épouse», lâche-t-il, sans autre manifestation, un œil rivé sur M. Zhao, l’autre sur l’une des fausses portes. «Ah mais c’est une excellente nouvelle!» que je m’empresse de lui répondre, un sourire large comme la distance entre Shanghai et Kashgar. J’imagine: pas de réveil en sursaut le dimanche matin – «je suis venu redonner un coup de vert aux portes de la cour, la dernière fois, ce n’était pas le bon ton»; fini les visites surprises de son épouse - «Vous êtes journalistes non? Vous pourriez écrire un article sur le sujet», sortant de son sac une brochure qui vante des pilules miracle dont l’efficacité sans limites a été prouvée par le grand explorateur de la dynastie Ming Zheng He. «L’Australie… Je suis vraiment contente pour vous. Vous vous réjouissez?»
- Bof. Me réjouir de quoi? C’est pareil qu’ici, là-bas. Ils ont les mêmes frigos, les mêmes télévisions…

La nuit tombe, il est l’heure pour M. Zhao de redescendre du toit. On saura à la prochaine averse s’il a bien fait son travail.



26-06-2008

Cochon, ce héros!

Le héros de la semaine en Chine? Zhu Jianqiang, dont le nom signifie «porc persistant». Car il s’agit bien d’un cochon, âgé de un an, qui a miraculeusement été retrouvé vivant après avoir passé 36 jours sous les décombres du village de Tuanshan, dans la province sinistrée du Sichuan. 

Le goret a perdu 100 kilos. Voyant l’intérêt que la bête a immédiatement suscité dans les médias et sur internet (photo DR), un directeur de musée à Chengdu l’a rachetée au couple propriétaire pour 3008 yuans (450 francs). L’animal pourrait vivre encore 15 ans a déclaré un vétérinaire qui l’a examiné.

Le tremblement de terre au Sichuan a provoqué la perte de 3,5 millions de porcs, selon le Ministère de l’agriculture.



26-06-2008

La machine à popcorn

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

A Yanglin, bourgade de la province du Yunnan, tout au sud-ouest du pays, c’est dimanche, jour de marché. La rue centrale est encombrée de carioles à cheval et de camions bleus.

 

Ici, un peu à l’écart un enfant attend sagement ses parents, au coin d’une rue. A ses pieds, un sac de jute s’agite. Un museau rose dépasse : c’est un petit cochon. Plus loin, on croise modernité et vieille machinerie. Un homme, téléphone portable dans une main actionne de l’autre un chauderon à pop-corn.



18-06-2008

Un peu de bruit?

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Audio: Le bruit du hutong

Après des mois et des mois de poussière, de gadoue, de bruit de pioche, de crachats, de casques jaunes ou bleus qui défilent sous nos fenêtres, d’ouvriers assis sur nos marches à fumer des cigarettes ou écouter les mélodies de leurs téléphones portables, le lifting de notre hutong, petite ruelle traditionnelle, touche à sa fin.

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Du moins, c’est ce que promet une feuille A4 collée à côté de la porte. L’avis en profite aussi pour nous remercier de notre soutien et notre patience.

Tout le vieux a été détruit, remplacé par du faux-vieux. Et ces jours, la toute dernière étape: la pose de conduits électriques sous-terrain. Le hutong s’est transformé une tranchée géante et les ouvriers s’encouragent: «un, deux!», «un, deux!».

L’ambiance sonore au bureau, c’est bien simple: au nord de la cour, le bruit des ouvriers, et au sud, le cricri de la sauterelle. Pour se mettre dans l’ambiance, il suffit d’écouter le son ci-joint. Pas sûr que la chambre d’amis rencontre un franc succès…



12-06-2008

Foot toi-même!

«Vous êtes suisse? Vous n’avez vraiment pas de chance!», m’annonce de but en blanc un chauffeur de taxi ce matin. Fan de foot, comme de nombreux Chinois et Chinoises, il trouve l’équipe suisse «pas terrible», d’ailleurs, il ne «la connaît vraiment pas bien». Lui, c’est l’Italie qu’il encourage.

Je me suis retenue de lui asséner que l’équipe féminine chinoise de football avait réussi à perdre contre la Corée du Nord, lors de la finale de la Coupe féminine d’Asie, qui s’est déroulée à Hô-Chi-Minh-Ville dimanche dernier.



< Page précedente | Page suivante >