29-03-2008

La loi du net

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine


Expression, diffamation, débats, combats : Internet devient l’outil incontournable pour toutes sortes de situations de la vie courante. Surtout en Chine, où cette technologie s’est forgée une place de choix. L’un des nombreux derniers exemples chinois en date: la demande pour avoir le droit à un deuxième enfant.

Ainsi, dans la province côtière du Zhejiang, le district de Wenzhou a décidé de publier en ligne les demandes des parents qui souhaitaient doubler leur progéniture. Chaque 21 du mois, des renseignements de base sur les parents seront disponibles sur internet. Les résidents locaux sont invités à annoncer toute erreur ou tentatvie de fraude auprès du Bureau de la population et de la planification familiale explique le Beijing Today. Ledit bureau espère ainsi que le support internet remportera un meilleur succès que la manière traditionnelle d’affichage sur les panneaux d’avis officiels. La moitié des habitants du Zhejiang auraient plus d’un enfant selon les officiels locaux. Solution extrême, qui engendre des problèmes démographiques importants, la loi de l’enfant unique s’est un peu assouplie, avec la possibilité d’avoir un deuxième enfants si les deux parents sont eux-mêmes enfants uniques.



20-03-2008

Les caprices de la mode

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Le col Mao. C’est un joli exemple de récupération et appropriation d’un symbole. Car ce col-là n’a pas toujours été communiste. A l’origine, ou du moins, à un moment du processus, il s’appellait col Zhongshan (Zhongshan étant le prénom prononcé en chinois mandarin de Sun Yat-sen).

Sun Yat-sen, «Père de la nation chinoise», après avoir participé à la chute de la dernière dynastie des Qing en 1911, eut envie de créer un costume plus moderne que les tenues traditionnelles, mais pas trop occidental quand même. Il s’inspira donc de l’uniforme militaire japonais, qui proposait ce fameux col sans rabat. Or, il se trouve que l’armée japonaise s’était elle inspirée de l’uniforme prussien.
Et quand on sait que Sun Yat-sen est l’un des fondateurs du parti nationaliste Kuomintang, ennemi depuis toujours des communistes, on se dit qu’un col, ça ne colle pas toujours à la réalité.



19-03-2008

Sur un air de Pékin

Voici une page du journal de hier soir. En haut, on titre: «Le sable attaque la capitale». Effectivement, hier matin, on prenait soin d’emporter son masque avant de sortir. L’air était opaque, gris-jaune, comme on peut le constater sur la photo qui illustre l’article.

Jusque là, rien de spécial, c’est une nouvelle assez banale à Pékin en cette saison. Ce qui est bien plus amusant, en revanche, c’est de voir quel article les éditionneurs ont choisi de placer à côté: «Août prochain, la qualité de l’air à Pékin sera absoluement sans danger pour la santé des athlètes». On n’aurait pas pu trouver emplacement plus convaincant!



18-03-2008

Assemblée costumée

DR
DR

Voilà, la 1ère session de la 11e Assemblée populaire nationale (le parlement chinois) s’est terminée ce matin à Pékin. Elle a réélu Hu Jintao au poste de président avec 99,7 % des voix. Bien que le résultat ne soit pas une surprise, la télévision nationale a retransmis durant de longues minutes silencieuses les profondes réflexions des députés en train de revérifier leurs bulletins de vote...

Je n’ai pas eu la chance de voir l’événement, trop occupée à négocier avec d’autres officiels dans les régions tibétaines. Mais on m’a raconté, heureusement. Ça semblait passionnant, surtout à l’heure où il y avait certainement bien plus intéressant à montrer, comme des manifestations de moines par exemple.

Mais revenons à la clôture de l’APN. Le China Daily publie ce matin une photo haute en couleur avec des députés qui posent en groupe. Des plumes, des clochettes, des foulards bariolés, des couronnes dans les cheveux: depuis l’ouverture de la session le 5 mars, toutes et tous les représentants des 55 minorités nationales – Miao, Tibétains, Naxi etc. - sont en tenue traditionnelle. Question esthétique, il n’y a rien à dire, ça vaut certainement le carnaval de Rio. Ça fait des très jolies photos à publier dans la presse. Mais une question me taraude l’esprit: Pourquoi les Han (l’ethnie majoritaire en Chine) sont-ils simplement en uniforme costard-cravatte pour les hommes et tailleur strict foncé pour les femmes? Pourquoi ne pas leur façonner un costume avec l’un de ces tissus brillant que l’on trouve au marché de la soie ? Ou au moins un petit signe distinctif, un col mao par exemple. Quoique, le col mao, c’est encore une autre histoire – qui fera l’objet du prochain post – car il a bien voyagé avant d’arriver en Chine.



13-03-2008

D’un endroit à l’autre

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Si d’un côté il y a les lumières éblouissantes, Macao sait aussi se faire très provinciale. Au village de Coloane, prononciation portugaise de Luhuan en mandarin ou Lou Waan en cantonais, les poissons mis à sécher au milieu des fleurs et les chantiers navals en déliquescence

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

contrastent avec le strass de la soirée précédente. On croise quelques personnes qui jouent aux échecs chinois à l’ombre de gommiers gigantesques. Tout semble calme, figé. Puis le minuscule débarcadère s’anime. Le ferry pour Zhuhai est sur le point de partir. Zhuhai, c’est juste là, à cinq minutes de bateau. C’est la Chine continentale. Car même si Macao a rejoint la Chine en 1999, elle reste un système à part, une «région administrative à statut spécial», tout comme Hong Kong. «Si vous êtes résident de Macao, il vous faut un visa pour aller à Zhuhai», explique le douanier en mandarin mâtiné de cantonais, à moins que ce ne soit le contraire.

 

 

 

 

Une vingtaine de passagers, chargés de cadeaux et marchandises embarquent sur le rafiot. Les parapluies s’ouvrent, non pas qu’il pleuve, mais il est une heure de l’après-midi, le soleil tape déjà un peu en cette saison. Une heure de l’après-midi, donc: nos pas nous emmènent vers la plage dite «de sable noir». Là, Chez Fernando nous réserve le meilleur crabe et poisson grillé de tout l’est. Le vin de la maison est frais. On est soudain bien loin de la moquette feutrée des casinos. 

 

 



< Page précedente | Page suivante >