29-10-2008
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13-10-2008
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29-10-2008

Lait à tout prix

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

La mélamine. Un de ces termes que je n’aurais jamais cru croiser dans mes lectures françaises. Et dire qu’aujourd’hui, même en chinois, j’ai l’impression que le mot «san ju qing an» fait autant partie de mon quotidien que les jiaozi – raviolis chinois – ou la zhapi – la bière pression.
Au supermarché du coin, les clients prennent le temps d’analyser le tableau explicatif mis à disposition avant de se décider pour une marque de lait. Tous les produits laitiers sont désormais multiplement certifiés. Mais cela ne suffit pas à convaincre les plus suspicieux.

«Le gouvernement nous a toujours caché ce qu’il y avait dans nos assiettes. On parle du lait en ce moment, mais avez-vous seulement vu tous les pesticides et autres engrais que les paysans mettent dans leurs légumes!», râle un chauffeur de taxi. Vers le quartier des ambassades de Pékin, comprenez le quartier des expatriés où fleurissent les épiceries fines et autres petits commerces de produits importés, on rencontre des situations aussi touchantes que surréalistes.

 

L’autre soir, chez April Gourmet, où marshmallows importés d’Amérique côtoient légumes bios et fromages suisses, débarque un ouvrier migrant. Chaussures de toile trouées, veste Mao et mains de travailleurs, il se dirige vers les frigos avant de poser résolument un bidon de deux litres de lait sur le comptoir. «Sdfhs dfkjdh sweiofh??», tente-t-il de demander dans un accent provincial indéfinissable qui fait sourire de gêne les employés. «Puis-je vous aider, que désirez-vous?», se lance une courageuse, qui finit par comprendre que le client n’arrive pas bien à décrypter s’il s’agit de lait ou de yaourt. «C’est du lait. Du lait bio!», précise la vendeuse chinoise, soulagée d’avoir pu résoudre cette difficile situation face à une file d’attente qui ne cessait de croître et de regarder la scène avec des yeux non bridés de merlans frits.
«Sdfhs dfkjdh sweiofh!» «Sdfhs dfkjdh sweiofh!» Tout sourire, une satisfaction qui se comprenait malgré son dialecte impossible, notre mingong règle son bidon de lait. Plus de trois fois le prix qu’il aurait payé au supermarché du coin. Mais c’est probablement pour son enfant. Et sa sécurité n’a certainement pas de prix.



20-10-2008

Graphisme

© Papiers de Chine
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Pendant qu’on est dans les pancartes, quelques enseignes irrésistibles à Kashgar..

© Papiers de Chine
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20-10-2008

Au royaume tranquille

© Papiers de Chine
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«Ping’an jiating». Littéralement, cela signifie «famille paisible», «famille tranquille». Des plaquettes métalliques arborant ces quatre idéogrammes sont clouées sur de nombreuses maisons de Kashgar et d’autres villes du Xinjiang. Les entrées de certaines mosquées arborent aussi cette même «tranquillité».

© Papiers de Chine
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13-10-2008

Chercheurs de jade

© Papiers de Chine
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Sa femme s’appelle Tursunguli. «Ça signifie jolie fleur», me précise-t-il, depuis sous son chapeau de paille. Lui, c’est Ahmet. Il vient de Altai, à l’extrême nord du Xinjiang. Depuis 1988, il vit à Hotan, «à l’extrême sud du Xinjiang.» «A Altai, c’est l’or qu’on cherche. Ici, c’est le jade!» lance-t-il, exhibant cinq petits cailloux translucides protégés par une pochette en plastique.

 

«J’ai passé vingt jours à piocher là-bas», dit-il, montrant fièrement la tranchée qu’il a creusée au bord de la rivière. Sa récolte vaudrait au moins 1500 yuan, soit 250 francs suisses. Autant que le salaire mensuel de son épouse, qui enseigne la géographie. De quoi motiver les nombreux chercheurs de jade, qui passent leurs journées à racler le lit de la rivière Yulong, juste à côté du marché aux bestiaux.

 

«Regardez-le, il va avoir des rhumatismes, avec ses savates, se moque Ahmet en pointant son voisin de tranchée qui se démène sous un soleil de plomb avec sa pelle, sa pioche, sa passoire et ses chaussettes détrempées. Moi je vous dis, pour chercher du jade, il n’y a rien de tel qu’une bonne paire de bottes en caoutchouc!» A côté, deux gamins s’éclaboussent en riant, complètement nus. Un vieil homme a mis le volume de sa radio portative à fond, pour tenter de ne plus entendre le bruit de sa pelle contre les cailloux.

 

Soudain, l’homme aux savates de caoutchouc s'interrompt. Au milieu des gravats, il distingue un éclat. «Du jade, du jade», s’écrie sa fille, qui le regarde depuis des heures, sous un parapluie rose. Le morceau est gros comme une pièce de cinq centimes: «Il vaut cinquante yuan, pas plus», décrète Ahmet, un rien altier, s’empressant de comparer la trouvaille de son concurrent avec ses propres trésors. Infatigable, insensible au soleil ardent et à ses pieds qui doivent ressembler aux raisins secs de Turpan, son voisin de tranchée a déjà repris sa pioche. Il est midi, la pêche ne fait que commencer.



02-10-2008

Karakoram, mon amour

© Papiers de Chine
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On a beau savoir que la route est mythique, l’ébahissement reste entier. La route du Karakoram qui relie la Chine au Pakistan, de Kashgar à Islamabad offre des paysages somptueux. Dunes, roches rouges, glaciers, canyons, on ne sait plus où donner la tête tant les cirques sont époustouflants. Les Pamirs d’un côté, le mont Ata Muztagh de l’autre, la route traverse les contrées ouïgoures, kirghizes, tajikes. Les yourtes côtoient les maisons de terre, les yaks les chameaux et le désert le lac Karakul aux eaux turquoises. Magique!

 

© Papiers de Chine
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