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Pourquoi la Chine n'a-t-elle qu'un seul fuseau horaire? Et d'où viennent les baguettes? Comment a évolué l'écriture chinoise? Posez vos questions et Papiers de Chine enquêtera pour vous.

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Zhang Yugui, l’homme qui en avait beaucoup à cirer

le 21-08-2008
© Papiers de Chine
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Pour cette deuxième semaine olympique, Papiers de Chine vous propose chaque jour le portrait d'un Chinois qui a réalisé quelque chose d'exceptionnel pour les Jeux. Nous élirons dimanche, jour de la cérémonie de clôture, l'aventure la plus étonnante. Choisissez vos médaillés!

Elisez le défi le plus étonnant!

«Vous n’avez pas le droit!», hurle Zhang Yugui, se débattant contre deux policiers, avant d’être embarqué de force.

La scène se déroule devant l’église de Wangfujing, l’avenue chic de Pékin, où Prada côtoie Rolex. Durant cette période olympique, tout est en ordre, astiqué, sous contrôle. Alors forcément, l’étal improvisé de Zhang Yugui, qui cire gratuitement les chaussures des passants, dérange. Surtout qu’il a un peu forcé sur les banderoles rouges et blanches: «Etudions l’esprit du camarade Lei Feng pour accueillir les Jeux olympiques».

© Papiers de Chine
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Ah, le camarade Lei Feng! Ce brave soldat de l’Armée populaire de Libération, dont le portrait ornait chaque chaumière dans les années 1960. Mâchoire carrée et air déterminé, il ne vivait que pour servir les autres. «Il a toujours été mon idole», dit fièrement Zhang Yugui, 44 ans, dans son uniforme militaire vert kaki.
   
Remercié au début des années 1990 par son usine à Heze, dans le Shandong, Zhang Yugui allait de petit métier en petit métier, consacrant - «comme le camarade Lei Feng» - tout ce qu’il pouvait d’argent et de temps à aider les plus démunis que lui.

Puis arrive mars 2008, «le mois où on commémore Lei Feng». Zhang Yugui réalise soudain que les Jeux olympiques «se rapprochent» et qu’il «doit faire quelque chose pour son peuple». Il convainc son épouse de l’accompagner jusqu’à Pékin à pied et de proposer lustrages de chaussures gratuits à chaque étape. «J’ai failli divorcer lorsqu’il m’a annoncé son projet», avoue-t-elle. Le trajet de Heze à la capitale n’est pas long – quelques centaines de kilomètres – mais plus que la prouesse physique, l’important, c’est … «de faire passer le message de Lei Feng». Pour survivre, le couple néo-révolutionnaire compte sur la bonté des habitants. «Certains ont été fantastiques. Surtout ce jeune homme de 22 ans qui nous a nourris, logés, et même massé les épaules pendant 6 jours!»

Seule la bonne volonté de la police a fait défaut. «Dans les 22 villes, nous avons toujours eu affaire à elle», déplore Zhang Yugui. Pékin, bien que traversée par le souffle olympique, n’a pas fait exception!

Les photos de l’arrestation ont été effacées par la police et Zhang Yugui relâché quelques heures plus tard. «On ne peut pas tolérer ce genre de manifestations n’importe où, justifie l’agent Wang, au poste de Wangfujing. Lei Feng ou pas. Dans votre pays, ce serait pareil.» Difficile de lui expliquer qu’à Lausanne, il est rare de croiser un Soleurois faisant la promotion de l’esprit de Guillaume Tell sur la route d’Athletissima…

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DEFI No 1: LA LONGUE MARCHE DE CHEN YOU, PAYSAN OLYMPIQUE

DEFI No 2: POUR WANG TAO, CRACHER N'EST PAS JOUER

DEFI No 3: PETIT A PETIT, ZHANG YUAN A PHOTOGRAPHIE SON NID

DEFI No 5: LA DISCIPLINE DE ZHANG YUE? L'ARRACHE DE CIGARETTES

DEFI No 6: IL COURT, IL COURT, LE PETIT WANG PENGCHENG, VERS LES JO

 

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