RECHERCHER


Papiers S.V.P.!

Pourquoi la Chine n'a-t-elle qu'un seul fuseau horaire? Et d'où viennent les baguettes? Comment a évolué l'écriture chinoise? Posez vos questions et Papiers de Chine enquêtera pour vous.

sujet@papiersdechine.ch

Petit à petit, Zhang Yuan a photographié son nid

le 20-08-2008
© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Pour cette deuxième semaine olympique, Papiers de Chine vous propose chaque jour le portrait d'un Chinois qui a réalisé quelque chose d'exceptionnel pour les Jeux. Nous élirons dimanche, jour de la cérémonie de clôture, l'aventure la plus étonnante. Choisissez vos médaillés!

Elisez le défi le plus étonnant!

Eté 2001. Un «moment historique» commence juste là, sous les yeux de Zhang Yuan. Depuis son bureau, le photographe amateur le sait, le voit. A 60 mètres de la compagnie où il est employé, le chantier du stade national olympique – que l’on surnommera bientôt le nid d’oiseau – se met en branle.

«Il fallait absolument garder une trace de ce moment historique!» explique le septuagénaire, les yeux encore brillants d’avoir été témoin de la naissance d’un symbole. Le résultat frise l’obsession: «J’ai 8000 photos en tout!», s’exclame le désormais retraité, montrant la pile d’albums et de cd où sont consignés ses trésors.

Là où je travaillais, il y avait une salle au 22e étage, qui donnait droit sur le chantier. La vue était parfaite.» Zhang Yue s’y rend dès que la voie est libre. Les premières photos montrent un terrain vague, on vient de faire place nette pour les installations olympiques.

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Puis l’ossature s’élève du sol: «Là, on voit les armatures d’acier», s’enflamme-t-il, désireux de raconter étape par étape l’entreprise qui a duré près de sept ans. Il sort avec grand soin une image d’un album. «J’ai fait imprimer les plus belles», explique-t-il, passant sa main sur la fourre plastifiée qui recouvre un nid d’oiseau version nocturne.

Ce stade, Zhang Yuan en est arrivé à le fréquenter à plein temps depuis 2006, l’année où il a pris sa retraite. «Je partais tôt le matin, ma femme me préparait un déjeuner, et rentrais une fois la nuit tombée», raconte-t-il, du ton de ceux qui ont su mener à bien une mission. Il s’allume une cigarette, empoigne sur l’étagère le calendrier publicitaire «compagnie d’import de matériel aéronautique»: «Je leur ai fait cadeau de mes photos pour leur calendrier 2008». La poste a aussi repris quelques images pour «une collection spéciale».Et il y aura bientôt une «rétrospective» dans son quartier.

On imagine sa fine silhouette, pédalant fiévreusement les matins d’hiver à -10° pour rejoindre sa muse. «Parfois, j’arrivais même à avoir des passe-droits pour aller tout près.» L’amoureux est d’ailleurs devenu la coqueluche des ouvriers. «Ils me demandaient de les prendre en photo, pour les envoyer à leurs famille. Leurs épouses et leurs mères étaient très fières de voir qu’ils participaient à la construction du nid d’oiseau.»

Lorsqu’on lui demande ce qu’il fera ensuite, les mots deviennent plus flous. «Après les Jeux? Disons que c’est comme un enfant qui a grandi. Il faut le laisser partir, dit-il, la voix pleine d’émotion. Je suppose que je me fixerai un nouvel objectif.»

Papiers de Chine

DEFI No 1: LA LONGUE MARCHE DE CHEN YOU, PAYSAN OLYMPIQUE

DEFI No 2: POUR WANG TAO, CRACHER N'EST PAS JOUER

DEFI No 4: ZHANG YUGUI, L'HOMME QUI EN AVAIT BEAUCOUP A CIRER

DEFI No 5: LA DISCIPLINE DE ZHANG YUE? L'ARRACHE DE CIGARETTES

DEFI No 6: IL COURT, IL COURT, LE PETIT WANG PENGCHENG, VERS LES JO

 

© Papiers de Chine
© Papiers de Chine