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Pourquoi la Chine n'a-t-elle qu'un seul fuseau horaire? Et d'où viennent les baguettes? Comment a évolué l'écriture chinoise? Posez vos questions et Papiers de Chine enquêtera pour vous.

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Pour Wang Tao, cracher n’est pas jouer

le 19-08-2008
© Papiers de Chine
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Pour cette deuxième semaine olympique, Papiers de Chine vous propose chaque jour le portrait d'un Chinois qui a réalisé quelque chose d'exceptionnel pour les Jeux. Nous élirons dimanche, jour de la cérémonie de clôture, l'aventure la plus étonnante. Choisissez vos médaillés!

Elisez le défi le plus étonnant!

Sur la place Tiananmen, Wang Tao, 37 ans, se sent une âme de prophète. Accompagné d’une dizaine d’ouailles, ce fonctionnaire traque le cracheur. Bénévolement. «Que tout ce qui est sous le ciel devienne d’une propreté éclatante», lance-t-il aux volontaires, des étudiants ou retraités. «Ici, nous rencontrerons moins de crachats qu’en banlieue. Mais ce n’est pas pour autant que la vigilance doit être relâchée!» On entend presque un «rompez!» au moment où la troupe se lance à l’assaut de la place, sous un soleil de plomb.

© Papiers de Chine
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Wang Tao voulait lui aussi «faire quelque chose pour les Jeux». Suite à l’épidémie de SRAS en 2003, il réalise que l’habitude de cracher chez les Chinois est non seulement «négative pour l’image», mais surtout «dangereuse pour la santé publique».

Peu à peu, sa mission prend forme: Wang Tao convertira tout cracheur rencontré en citoyen modèle. Sa première action, c’était le 4 mai 2006, à Tiananmen justement. «Un vendeur de cartes postales a lancé un énorme crachat, se souvient-il, pointant le lieu de la scène. Je lui ai dit que s’il ne le nettoyait pas, je le ferai à sa place.» Eberlué, «comme s’il avait un monstre devant lui», le vendeur a obtempéré. Une première victoire pour M. Anti-crachats, qui avoue s’être longuement entraîné devant le miroir «pour avoir un ton convaincant». Wang Tao crée un site internet, fonde la «Green Woodpecker Association», et obtient même le soutien du Bureau municipal de la Civilisation. Pari réussi: «Nous sommes aujourd’hui 4000 volontaires dans tout le pays. Dont 1000 à Pékin.»

D’autres armes se sont même ajoutées à la parole: depuis mai 2007, ses équipes coopèrent avec la police. Tout cracheur qui refuse de ramasser son mollard est passible d’une amende de 50 yuan (8 francs). «Mais je préfère la méthode douce, explique Wang Tao. Convaincre donne de bien meilleurs résultats.»

D’ailleurs, n’a-t-il jamais essuyé de réaction violente? «Ca arrive, dit-il, dans un sourire calme. J’ai même failli recevoir une bouteille en pleine figure.» Pas de quoi décourager cet ancien militaire: «Dans cinq ans, le crachat sera révolu en Chine.»

Wang Tao s’éponge le front. Cela fait deux heures qu’il quadrille la place mythique. Il rassemble son équipe pour un rapide debriefing. Très peu de crachats sont à signaler aujourd’hui. Les volontaires en ont profité pour ramasser mégots de cigarettes et autocollants «I love China». «Du beau travail! Nous avons même convaincu un Danois de remettre son t-shirt. Ce n’est pas civilisé de se promener torse-nu!»

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DEFI No 1: LA LONGUE MARCHE DE CHEN YOU, PAYSAN OLYMPIQUE

DEFI No 3: PETIT A PETIT, ZHANG YUAN A PHOTOGRAPHIE SON NID

DEFI No 4: ZHANG YUGUI, L'HOMME QUI EN AVAIT BEAUCOUP A CIRER

DEFI No 5: LA DISCIPLINE DE ZHANG YUE? L'ARRACHE DE CIGARETTES

DEFI No 6: IL COURT, IL COURT, LE PETIT WANG PENGCHENG, VERS LES JO

 

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