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Pourquoi la Chine n'a-t-elle qu'un seul fuseau horaire? Et d'où viennent les baguettes? Comment a évolué l'écriture chinoise? Posez vos questions et Papiers de Chine enquêtera pour vous.

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Daniel Brélaz: «Lausanne est très connue en Chine!»

le 12-08-2008
© Papiers de Chine
© Papiers de Chine

Le syndic est impressionné par cette Chine qu’il découvre pour la première fois. Une semaine rythmée par les réceptions de «Lausanne capitale olympique», la présentation de la Fédération des régions vertes et de l’Union mondiale des villes olympiques, la cérémonie d’ouverture, une visite sur Tiananmen et l’«impressionnante» Cité interdite et la dégustation d’un succulent canard laqué.

Vous avez pris l’avion pour Pékin alors que votre femme était aux urgences. Avez-vous hésité à partir?
Je suis parti quand j’ai su que l’opération serait légère. J’ai encore appelé depuis Helsinki, dernier endroit où je pouvais rebrousser chemin mais l’opération s’était bien passée. Je lui téléphone tous les jours. Elle doit se reposer, ne pas trop manger. Le désavantage, on le connaît, l’avantage, c’est qu’elle aura perdu quelques kilos facilement!

Vous êtes d’abord allé à Canton et à Shenzhen, vos impressions?
Ce sont des villes extrêmement denses dont la transformation est ininmaginable dans la vision suisse. A Canton, ville de 12-13 millions d’habitants, on logeait près du plus grand centre d’exposition de Chine, l’équivalent de vingt Beaulieu! Quant à Shenzhen, village de pêcheurs de 25'000 habitants il y a à peine 30 ans, c’est aujourd’hui une zone expérimentale économique de 8,5 millions de résidents et 4-5 millions de travailleurs migrants.

En Chine, sait-on ce qu’est Lausanne?
Lausanne est très connue en Chine, grâce au CIO et au record du 110 mètres haies en 88. Ça été un événément dans toute la Chine. A Canton, on nous disait: «Vous avez bonne réputation, êtes capitale olympique, avez des institutions à haut niveau de développement, ça nous intéresse d’avoir des relations avec vous.»

Pourquoi présenter les régions vertes à la Chine?
Lausanne essaie depuis une année de fonder la Fédération des régions vertes (IFGRA). Régions vertes, ce n’est pas politique, ce n’est pas ce qu’on est, c’est ce qu’on aspire à devenir. La région la plus polluée du monde a le droit de devenir membre pour autant qu’elle veuille s’améliorer. Il y a pas mal de Chinois qui sont intéressés.

Venir dans un pays où les droits de l’homme sont bafoués, n’est-ce  pas gênant?
Les problèmes des droits de l’homme me sont chers. La Chine est un pays de 56 communautés différentes, si l’une d’elles a une tendance réellement séparatiste, il n’y a aucune raison que les 55 autres n’essaient pas de faire de même. Les Chinois n’admettront sans doute pas le risque d’un éclatement du pays. Il serait bon de trouver un équilibre: la garantie d’une Chine mais avec des communautés qui se sentent chinoises plus par cœur que par obligation. Quant à prendre en otage une manifestation comme les JO, c’est dire aux Chinois: «On vous a donné quelque chose mais on va vous le faire payer. On va vous dire à quel point vous êtes mauvais, minables dans les droits de l’homme» et ainsi de suite. Si vous voulez réellement donner une chance à un dialogue planétaire, vous devez admettre qu’un tel événement permet à la Chine de développer des relations, de se valoriser mais également de changer. Les associations Villes olympiques et régions vertes pourraient aider à cela. Pour moi, c’est un objectif bien plus prioritaire que de faire des leçons de morales ou des manifestations sans lendemain qui peuvent encore les cabrer davantage. Si ces problèmes peuvent se résoudre, c’est hélas dans la durée et pas dans l’année.

Qu’avez-vous pensé de la cérémonie d’ouverture?
Ils ont mis la barre très haut. Je soupçonne qu’elle a dû coûter pas loin de 200 millions de francs à elle toute seule. François Carrard du CIO m’a dit qu’il en a jamais vu une de cette envergure-là.

Avez-vous eu des contacts avec des Chinois de la rue?
A Canton, il y avait un temple avec 400 Bouddhas, qui ont le privilège d’avoir à peu près les mêmes formes que moi. A trois reprises, des gamins sont venus me toucher le ventre. Ils se demandaient s’il y en avait un qui s’était mis en mouvement!


© Papiers de Chine
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Alors, la pollution à Pékin, c’est l’horreur?
Honnêtement, j’en vois des traces mais je n’arrive pas à déterminer la part de pollution et la part de d’humidité, car ça a les mêmes allures. J’ai un organisme qui est capable de détecter ce qui me menace et contrairement à d’autres villes, même une fois Lausanne en hiver où je sentais quelque chose d’âcre dans la gorge, des picotements, je n’ai pas ressenti ça ici. Mais je souffre de la chaleur et l’humidité. Mon problème, c’est mon poids, je transpire plus facilement qu’un autre. Mais ce n’est que de l’eau et du sel.

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