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Les enfants, les «pigeots» et l'institutrice

le 06-07-2008

A Wuwei, Raymond nous raconte sa journée à répondre à mille questions d'enfants et d'adultes avides de curiosité.

L’étape du jour sera courte, mais pourtant riche en évènements, non pas par le trajet qui s’effectue sous la chaleur, mais par les rencontres que nous avons effectuées à la fois dans une école et dans un parc lors de notre arrivée.
En ce qui concerne l’étape, elle sera très vite effectuée d’une part en raison de la longueur 60 km, mais  aussi grâce à la déclivité, nous descendons encore de 400 mètres, et aussi à la présence du vent favorable.

Nous sommes depuis quelques jours dans un corridor entre deux chaînes de montagne et les décors autour de nous varient régulièrement le long de la route, tantôt désertiques, tantôt cultivés avec des agglomérations rurales en torchis et/ou en briques recouvertes de carrelages avec des décors peints et qui sont mitoyennes, érigées selon un modèle identique. Nous apprendrons  que les matériaux sont déposés dans le village et que tous les futurs habitants participent en commun à la construction de ces maisons.

Après une attente à l’entrée de la ville-étape, nous nous acheminons en groupe vers notre lieu d’hébergement. Alors que nous effectuons le déchargement de nos bagages, nous sommes interpelés, Gil et moi-même par une personne de petite taille, qui parle anglais et qui souhaite nous présenter aux enfants de sa classe. Rendez-vous est pris après la douche et le repas traditionnel.

Gil prend le matériel (école solidaire) et je prends un des derniers dossiers scolaires qui ont  été faits par les enfants et les maîtres de l’école de Chancy et que je remets, si possible, dans une ville frontière. Trois autres personnes (Jean-Marie, Jean et Mireille) du groupe se joindront à nous pour assister à ce moment.

Nous sommes attendus à l’heure dite, par deux hommes (le conducteur et le responsable de l’établissement: Head master) et notre institutrice qui nous emmènent dans  un minibus climatisé dans une avenue.  Nous nous arrêtons devant des immeubles mitoyens où seule une enseigne noyée dans la masse des affiches révèle la présence d’un établissement scolaire. Durant le trajet, nous ferons les présentations et l’institutrice répètera plusieurs fois nos prénoms: Jean, Jean-Mali, Gilé, Mi-eille. Lémon). Elle nous apprend que nous allons dans une école privée où l’on donne 2 heures de cours le week-end (samedi et dimanche) et pendant les vacances à de jeunes enfants de 5 à 18 ans.
Par un escalier, dont les contremarches servent de supports publicitaires, nous arrivons dans une réception où nous sommes accueillis par plusieurs personnes. On nous offre des boissons, et nous préparons avec l’institutrice notre intervention. Gil débutera et présentera le Paris-Pékin, je viendrais ensuite et présenterais l’école de mon village. Les autres interviendront enfin pour répondre aux questions des élèves.

© DR
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Après les deux  présentations et l’utilisation des planches pour traduire en anglais les fruits et les légumes présentés, les questions fusent: que mange-t-on chez nous, pourquoi trois plats si différents, quels sont les monuments de Paris, qu’aimez-vous en Chine... et des questions surprenantes que nous éludons eût égard à nos méconnaissances: quelles sont les différences entre les lois chinoises et européennes? Ils sont surpris de la présence d’une piscine dans l’école d’un petit village comme Chancy, mais comme tous les enfants, après des moments de timidité, avides d’informations et de contacts, ils posent des tas de questions. L’institutrice,anime la classe et montre son enthousiasme. Nous étions là, pour une classe, nous en ferons deux et c’est sous les applaudissements que nous les quitterons à regret. 

Après les photos d’usage, nous sommes reconduits à l’hôtel et  durant le trajet, l’institutrice se propose de nous faire visiter sa ville. Après un interlude, qui nous permet de revenir dans la chambre et prendre de l’argent, nous la retrouvons, juchée sur un mini vélo qu’elle poussera tout au long de la soirée.

Nous visitons un temple bouddhiste, puis après passage d’une porte de la ville, nous nous dirigeons vers un grand square et allons dans l’enceinte d’un musée en l’hommage de Confucius où nous visitons des maisons traditionnelles et des vestiges (tombes, effigies, peintures et décorations boisées ancestrales, bouddhas, etc.). Il règle dans cet ensemble un calme, une sérénité que l’on retrouve lors des visites dans les cloitres et qui contraste avec la ville qui nous entoure.
Après ces visites, certains fatigués par la journée sportive et l’opulence du repas regagneront l’hôtel, l’institutrice nous invitera à manger à l’extérieur. Trois paniers superposés et remplis de boulettes de pain farcis et cuites à la vapeur sont servis avec un verre de thé et deux «pigeots», de la bière (pijiu en pinyin-ndlr) qui seront servis dans des verres de 1/2 déci (attention danger! c’est comme si vous buvez la bière à la paille!).

On est attendu par le Head master sur le square que nous avions quitté peu avant. Des panneaux et une télévision font la promotion des cours d’anglais de cet institut. Nous sommes de suite entourés par des enfants et leurs parents. L’institutrice prend la parole et demande à tous de bien vouloir lever la main pour signaler le questionneur. Les questions fusent de toutes part et nous nous prenons au jeu: Pourquoi les français ne parlent-ils pas le chinois? Pourquoi parlons-nous l’anglais? Les questions reviennent sur les buts de notre périple, quels sont les monuments de Paris? Qu’aimons-nous en Chine? Les questions parfoiss se répètent et notre gosier s’assèche.

Le Head master, discret mais toujours présent, propose à l’institutrice de nous inviter à boire. Deux «pigeots» feront l’affaire. Nous pensions avoir terminé, mais nous sommes de nouveau entourés par une vingtaine de personnes qui se présentent à leur tour et posent des tas de questions. Certains demandent notre site internet et/ou nos adresses. De nouveau deux «pigeots»  arrivent et la tête commence à se griser.
C’est en taxi, payé par l’institutrice que nous regagnerons l’hôtel, las, grisés mais heureux de notre journée, et si nous avons servis de support promotionnel, c’était pour la bonne cause.

 

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