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Pourquoi la Chine n'a-t-elle qu'un seul fuseau horaire? Et d'où viennent les baguettes? Comment a évolué l'écriture chinoise? Posez vos questions et Papiers de Chine enquêtera pour vous.

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LES SUISSES DU PARIS-PEKIN A VELO

le 25-06-2008
Raymond, PA, Peter et Netti à leur arrivée à Urumqi © Papiers de Chine
Raymond, PA, Peter et Netti à leur arrivée à Urumqi © Papiers de Chine

Ils sont quatre fous du vélo, quatre Suisses romands de souche ou d'adoption, à être partis le 16 mars de l'Esplanade du Trocadéro à Paris pour rejoindre Pékin dans le cadre du Paris-Pékin à vélo. Papiers de Chine recueille leurs impressions depuis le début du voyage et jusqu'à leur arrivée à la Grande Muraille le 3 août prochain. LEURS PORTRAITS AVEC LA PHOTO DE LEUR ARRIVEE A URUMQI.

 

 

Raymond Cambarrat, Genève, 57 ans

Une belle manière d’entamer sa 57e année, qu’il a célébré jeudi dernier. Le vélo, Raymond Cambarrat en a d’abord rêvé en écoutant le Tour de France à la radio «c’était souvent mon seul divertissement et je ne comptais pas les kilomètres!» rit le Français, établi à Genève. A 14 ans, il a pu se payer un vélo mémorable grâce à son travail d’été. «Portier: j’étais payé au pourboire. Seize heures de travail par jour.» Et aujourd’hui, le pompier pédale ses 40 km quotidiens pour se rendre au Cern. On l’aura compris, les difficultés de la vie, Raymond les a déjà bien côtoyées. D’où peut-être son irrésistible envie de partager, notamment grâce au projet d’apporter à chaque école des villages frontière traversés un message des écoliers du pays voisin. «Nous ne pouvons pas les décevoir» s’exclame-t-il. Et sera là certainement son meilleur carburant!

Pierre-Alain Pauchard, Corpataux (FR), 62 ans 

«J’avais depuis des années le projet d’un périple en Amérique du Nord». Mais lorsqu’il a eu vent du Paris-Pékin, Pierre-Alain Pauchard a troqué l’ouest contre l’est. «Résolu», plein de «confiance», le Fribourgeois de Corpataux, «voit Paris et imagine Pékin». Quant à d’éventuelles appréhensions, lui qui a 62 ans – et deux fois grand-père – a déjà accompli l’équivalent de «cinq fois le tour de la terre», se rassure à l’idée que toutes les routes de Paris à Pékin «ont déjà été parcourues» par d’autres. Son esprit pratique l’a bien préparé à ménager sa monture et «entretenir le moteur». Il y aura certes des difficultés, «mais elles en valent le prix».Lorsqu’on lui demande de quoi il a le plus peur et ce dont il se réjouit le plus, la réponse est sibylline, mais décidée: «Je pourrais avoir peur de tout et me réjouir de rien.»

Peter Dreesen, Genève, 57 ans 

Le Genevois d'adoption - un Belge né aux Pays-Bas - avoue d’emblée : «Si j’ai décidé en 5 secondes d’entreprendre ce voyage il m’a fallu des mois pour comprendre pourquoi j’avais dit oui!» Peter Dreesen se réjouit surtout du côté un peu décalé de l’aventure: «Aller en Chine à vélo alors qu’on peut y aller en avion.» Se réjouit un peu moins qu’il y ait «si peu de femmes» à participer au Paris-Pékin! Mais surtout est impatient de découvrir la multitude de pays à traverser. Sa première bicyclette, c’était à 5 ans: «Rouge, avec des pneus blancs. J’en étais tout amoureux». Cette fois, ce sera un vélo bleu azur qui mènera cet ingénieur du Cern en Chine, le pays qu’il rêve de découvrir. Il fêtera d’ailleurs son 58e anniversaire à Pékin, le 8 août, jour où les JO seront lancés. Et il part serein, un ami psychologue lui a enfin trouvé sa réponse: «Tu es prêt pour cela, tout simplement.»

Ernest Mauron, Marly (FR), 66 ans

«Si l’on veut vraiment voyager à la Nicolas Bouvier, il faut se laisser partir…», confie Ernest Mauron, depuis son village de Marly. Un rien philosophe, et surtout «optimiste» cet enseignant à la retraite a exercé la profession pendant 41 ans. Autant dire que l’endurance, ça le connaît. Et il sait aussi qu’il y aura des jours «sans». La passion du vélo est née à l’adolescence, lorsqu’il devait pédaler cinq kilomètres jusqu’à l’école de Romont. Si la compétition n’est «pas sa tasse de thé» les randonnées cyclotouristiques lui font parcourir «10 000 km par an depuis 1985.» Des kilomètres qui l’ont amené en Laponie, lui ont fait découvrir l’Inde, l’Andalousie, l’Ecosse. Avec son épouse ou des amis: «Que du bonheur!» Et inutile de lui dire que Paris-Pékin, c’est de la folie: «Si je ne fais pas de folies à cet âge, quand est-ce que j’en ferai?» répond le sportif de 66 ans.