RECHERCHER


Papiers S.V.P.!

Pourquoi la Chine n'a-t-elle qu'un seul fuseau horaire? Et d'où viennent les baguettes? Comment a évolué l'écriture chinoise? Posez vos questions et Papiers de Chine enquêtera pour vous.

sujet@papiersdechine.ch

Un vaisseau et ses trésors engloutis remontent à la surface 800 ans plus tard

le 27-12-2007

Le Nanhai 1 avait coulé en mer de Chine sous la dynastie Song. Miraculeusement découvert il y a vingt ans, son épave vient d’être extraite des profondeurs où elle dormait depuis plus de huit siècles.

Les médias l’appellent «Le Titanic chinois». Le Nanhai 1, pour mer du Sud, est beaucoup plus que cela: le plus important vestige, et le mieux conservé, jamais découvert de cette époque, la dynastie des Song du Sud (1127-1279). Et son sauvetage, le plus grand projet archéologique maritime que la Chine a jamais entrepris. «C’est fantastique, c’est un événement unique!», s’exclame Wei Jian, professeur à l’Université du Peuple de Pékin faisant écho à ses confrères archéologues.

Et la valeur de cette découverte pourrait être, selon certains, aussi importante que celle, faite à Xi’an en 1974, des guerriers de terracotta. Le vaisseau englouti est près de livrer de précieuses informations sur la mystérieuse route de la soie maritime. Une route marchande qui aurait permis dès la dynastie Han (202 av. J-C. à 220 ap. J.-C.) d’emmener les soies, les porcelaines et les thés chinois vers le Sud-est asiatique, les pays arabes et l’Europe à partir des provinces du Guangdong (Canton) et du Fuijian.
Le Nanhai I a dû larguer ses amarres dans un port proche de l’actuelle Yangjian, tout au sud du pays. Long de 30.4 mètres et large de 9.8, le vaisseau transportait entre 50'000 et 80'000 porcelaines, objets en or, pièces de monnaie et bronzes. Après quelques heures de navigation, Nanhai 1 coule à 20 milles nautiques (37 km) des côtes, près des îles Shangchuan et Xiachuan.

Août 1987, 800 ans plus tard et juste après la création du centre chinois d’archéologie sous-marine, une équipe du bureau de sauvetage de Canton et une société de sauvetage britannique découvrent, en lieu et place de l’épave néerlandaise du 17e qu’ils recherchent et sous 2 mètres de limon, un vaisseau en bois couché sur le flanc droit…

Pirouette de dernière minute

Novembre 1989, Nanhai I est baptisé et une pièce de porcelaine est remontée à la surface. Puis, faute d’argent et de techniques, les recherches sont suspendues pour reprendre en mars 2002: 6000 pièces sont découvertes. «Certaines nous ont été confiées, nous glisse-t-on au Musée de Yangjiang. Mais seule une infime partie est visible pour le public: ce sont des pièces extrêmement précieuses».
Mai 2007, une cage d’acier orange large comme un terrain de basket et haute comme un batiment de 3 étages est emmenée sur le site. Elle va protéger l’épave lors de sa… remontée à la surface. Les Chinois ont décidé de tenter le coup! Hisser le bateau avec ses tonnes de trésors et de limon protecteur. Mais pour cela, il faut du lourd: Huatianlong, 4000 tonnes et long de 170 mètres, le plus gros bateau-grue d’Asie. Lui seul peut espérer soulever les 530 tonnes de la cage et les 3800 tonnes qu’elle contient (bateau, limon et eau). Après un essai infructueux en octobre, l’opération est agendée au samedi 22 décembre. Devant des milliers de journalistes débarqués à Yangjiang, précisait le China Daily et les caméras live de CCTV.

Pirouette: l’opération a finalement débuté avec un jour d’avance «en raison d’une météo favorable», relate l’agence officielle Xinhua. C’est donc vendredi à 9h que Huatianlong est entré en scène, suivi de Heavy Task 1601, la barge semi-submersible chargée samedi de transporter la bateau à quai. Avant qu’il ne rejoigne aujourd’hui ou demain… son propre musée-aquarium: «Crystal Palace», 64 mètres de long, 40 de large et 23 de haut. C’est là, dans des conditions très similaires à celles que le vaisseau connaît depuis plus de 800 ans, que les archéologues exploreront Nanhai 1. Interrogé par Xinhua,Wu Jiancheng, chef du projet, s’est réjouit: le premier examen a en effet montré que l’épave était «parfaitement protegée».

 Papiers de Chine